Humeur du jour. Mon grain de sel. Khaled Slougui

Khaled Slougui présente Eloge de la radicalisation

Acte I

C’est vrai que la répétition, la redite, la redondance ont le don de m’incommoder. Au vu du fil des évènements qu’ un cycle infernal « action-réaction » nous impose malgré tout, jusqu’à l’overdose même, l’on a l’impression qu’il s’agit de la rediffusion d’ un film vu et revu maintes fois. Les protagonistes sont les mêmes : les journaleux, les plumitifs, les forces de l’ordre, les politiques, les familles des victimes, l’environnement du terroriste…Et les incontournables témoins dont on essaie de tirer les vers du nez.

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Sans oublier la séquence « émotion sur commande », le « truc machin » d’attribution à titre posthume de la Légion d’honneur, et cela va de soi, l’oraison du premier personnage de l’Etat qui sonne comme un appel à l’unité de la nation… L’heure est grave!

Je n’avais aucune envie de réagir, des amis m’ont même interpellé : Khaled, on t’a pas entendu!

Oh! La lassitude ça existe. Comme l’a si bien dit un ami belge, l’impression que tout a été dit et redit, c’est réellement épuisant.

Sauf que je me suis contredit en lui rétorquant :  Cher ami, « en toute répétition il y a du bien » disent les arabes « fil i3ada ifada ».

Sans compter que lorsqu’on parle de radicalisation, on oublie que le ver est dans le fruit et que ce phénomène, l’entrisme aidant, touche désormais les professionnels, et pas que les usagers. Enseignants, agents de sécurité, chauffeurs, médecins et personnel hospitalier, travailleurs sociaux, avocats, gendarmes, policiers…etc. Peut-être bientôt des préfets et des  ministres.

L’heure est critique, au risque de se répéter; elle n’est pas aux états d’âme. Je dois mettre mon grain de sel, c’est l’objet de cette HUMEUR.

1 – Sans forfanterie, ni arrogance, et pour mon malheur, le dernier attentat corrobore les thèses de mon livre : La figure globale du radicalisé qui transcenderait les frontières, les langues, les cultures et qui revêtirait un caractère d’universalité est à prendre avec des pincettes. Effectivement, un radicalisé dans le saint des saints de la sécurité de Paris, autant dire du pays, cela a de quoi surprendre.

On aura remarqué qu’il s’agit d’un profil tout à fait inédit. Et comme je l’ai affirmé par le passé : il ne s’est pas radicalisé du jour au lendemain, ni autoradicalisé, ni radicalisé par internet; il s’agissait bien du passage par un lieu de culte.

2 – Il existe des radicalisés non violents, ils sont même l’écrasante majorité. A part que, comme le souligne le rapport Conesa : « si tous les radicalisés ne sont pas forcément violents, ceux qui sont passés à l’acte ont tous connu la radicalisation politique et idéologique ».

Pierre Conesa

La violence est un processus ; elle peut se mettre en branle à n’importe quel moment. De surcroît, la violence verbale en tant qu’elle exprime une violence symbolique, c’est l’antichambre de la violence physique, c’est elle qui la prépare, qui la déculpabilise, qui la justifie même. C’est exactement le cas dans le dernier attentat.

3 – Au lieu de s’enfoncer dans le théologique, le terrain des islamistes, l’Etat aurait gagné à les amener sur le sien propre, c’est à dire le terrain politique, en retrouvant le réflexe laïque. Cela les banaliserait et les obligerait  à sortir du sacré qui leur procure l’immunité dont ils usent et abusent.

Il est impérieux de remonter des actes à ce qui les rend possibles. Il faut aller chercher l’imam et les prédicateurs qui ont corrompu la pauvre victime de la radicalisation en préfecture, qui s’est transformée en bourreau. Il faut un châtiment exemplaire.

4 – L’apathique Apathie vient de découvrir le fil à couper le beurre : il préconise rien de moins que de réformer profondément la loi de 1905? Quelle perspicacité! Il insiste aussi sur l’intégration de l’islam à la république, ou l’art de parler pour ne rien dire.

Je lui ai répondu : Monsieur! Le problème n’est pas religieux, il est politique. L’Etat n’a pas à s’occuper des religions. Il a à assurer l’ordre républicain en cantonnant les religions à la sphère privée. Par ailleurs, l’islam est pluriel, de quel islam parlez-vous alors?

Le problème n’est pas de réformer la loi de 1905, le pays peut continuer à fonctionner avec en l’état, comme par le passé. L’urgence est de neutraliser ceux qui veulent remettre en cause l’ordre établi, en voulant vider le principe de laïcité de sa substance. L’enjeu est là.

5 – Putain, l’heure tourne, je dois aller à Avignon, la cité des papes dit-on; tout le monde connait « sur le pont d’Avignon… », le reste je vous en parlerai une autre fois, promis.

Comme je n’ai pas tout dit, je prévois un Acte II de mon Grain de sel, j’ai beaucoup de sujets à aborder : le discours de Macron,  la donne géostratégique en matière de radicalisation, la dissolution de la Miviludes, les souhaits de Castaner, et tutti quanti …

Conclusion : je souhaite terminer sur une note poétique.

Yves Montand est un très grand artiste qui a interprété les plus belles chansons, je l’adore.

J’aime en particulier celle-là :

 » Longtemps, longtemps, longtemps, après que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore dans les rues… »

N’oubliez pas , il y aura un acte II à ne pas manquer.

Que votre journée soit douce!

Au prochain délire!

Publié dans Islamisme

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