Mon nom est Rainer Höss…

Mon grand-père était Rudolf Höss,

le commandant SS du camp d’extermination d’Auschwitz.

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C’est sur ces propos que prend fin le clip saisissant que Rainer Höss a accepté de tourner au profit du SSU, le mouvement social-démocrate suédois, pour sa campagne aux élections européennes.

rainerhoss

C’est à 12 ans que Rainer Höss apprend la terrible histoire familiale dont il est l’héritier.

Son grand-père Rudolf Höss, officier SS, ne se contente pas d’être affidé à Heinrich Himmler, il fait du zèle et préconise l’usage du Zyklon B, insecticide à base d’acide cyanhydrique, pour l’extermination des déportés dans les chambres à gaz.

Rudolf Höss

Rudolf Höss

Il dirige les camps d’extermination d’Auschwitz-Birkenau de mai 1940 à décembre 1943, et à nouveau de mai à septembre 1944 pour l’arrivée des juifs hongrois.

Arrêté par les britanniques en 1946, il comparait comme témoin au procès de Nuremberg, et sera remis aux autorités polonaises qui le jugeront.

condamné

Il est condamné à mort et pendu aux abords du crématorium du camp d’Auschwitz 1 et de la maison où il avait demeuré avec sa famille.

Rainer Höss, l’étoile de David autour du cou, se bat contre le racisme et l’antisémitisme.

Primo Levi écrira de Rudolf Höss que c’était « un homme vide, un idiot tranquille et empressé qui s’efforce d’accomplir, avec le plus de soin possible, les initiatives bestiales qu’on lui confie, et qui semble trouver dans cette obéissance un total assouvissement de ses doutes et de ses inquiétudes ».

archives

Adolf Hitler, Hermann Goering, Joseph Goebbels et Rudolf Höss.
(AFP/The National Archives.)

On ne retrouve rien de tel chez le petit-fils du génocidaire qui, malgré les réticences de certains membres de sa famille, a choisi sereinement et sans excès de sentiment de culpabilité, d’étudier le nazisme et de le combattre.

« Il a engendré beaucoup de peine au sein de notre famille, pas seulement parmi ses enfants, mais pour des décennies » déclare-t-il au sujet de son grand-père. « Génération après génération nous portons la même croix, celle qu’il a posée sur nos épaules ».

Il a rencontré des survivants de la Shoah, a participé à un documentaire en Israël et va à la rencontre des élèves en Allemagne et ailleurs, pour les alerter sur les risques du racisme et de l’antisémitisme.

« L’extrême droite n’est pas stupide, elle grossit ses rangs, gagne du terrain, très lentement mais de manière très efficace. Je suis très agressif à leur égard. Chaque fois que je peux agir contre eux, je le fais » dit-il.

« Nous ne devons jamais oublier notre passé, peu importe si ça fait mal.

Car lorsqu’on oublie, l’histoire se répète.

Je crains que ce soit ce qui se passe en ce moment.

Partout en Europe, les partis politiques d’extrême droite gagnent du terrain.

Et si nous ne faisons rien, c’est que nous n’avons rien appris de l’Histoire.

Mon histoire m’a appris que la démocratie, l’égalité et les droits humains ne peuvent jamais être considérés comme acquis » dit-il dans le clip.

Pascale Davidovicz

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Publié dans international

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