Les Palestiniens auront un État, avec ou sans l’accord d’ Israël

Les négociateurs américains qui ont participé directement aux pourparlers de paix entre les Israéliens et les Palestiniens durant les neuf derniers mois ont donné à un éditorialiste vedette en Israël un témoignage sur la conduite de la négociation par Netanyahu et indiqué que Mahmoud Abbas a complètement abandonné le projet d’une solution négociée et ils ont averti les Israéliens que les Palestiniens arriveront à créer leur État grâce aux organisations internationales ou par la violence.

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Parlant sous couvert d’anonymat à Nahum Barnea, éditorialiste de Yediot Ahoronot, le quotidien israélien qui a le plus fort tirage, des responsables officiels américains ont déclaré que la poursuite de la construction dans les territoires disputés était la raison principale de l’échec des négociations menées de juillet 2013 à avril 2014 par John Kerry.

Ils ont révélé que le Président Obama avait prévu de relâcher l’espion Jonathan Pollard afin de sauver les pourparlers de paix. Et ils ont averti que le monde ne continuerait pas de tolérer l’occupation israélienne.

Barnea, qui décrit ces conversations avec les négociateurs américains comme étant la version la plus près de celle des américains sur ce qui s’est réellement passé, dit que le Secrétaire d’état est en train de choisir entre une pause de quelques mois avant de reprendre les négociations ou la publication des principes suggérés par eux.

Barnea a écrit vendredi  que les américains ont proposé une ligne de frontière sur la rive Ouest donnant à Israël la souveraineté sur 80% des implantations, les 20% restant devant être évacués. Et pour Jérusalem la frontière proposée était basée sur le plan de Bill Clinton, les quartiers juifs à Israël et les quartiers arabes aux palestiniens, Il rapporte que les Américains n’ont pas eu de réponse de la part du gouvernement israélien qui n’a pas proposé de ligne de frontière tandis que Abbas avait souscrit à la proposition américaine sur le tracé de la frontière.

John Kerry, et Benjamin Netanyahu à Jerusalem, le 6 Décembre 2013 (photo credit: Matty Stern/US Embassy Tel Aviv)

John Kerry, et Benjamin Netanyahu à Jerusalem, le 6 Décembre 2013
(photo credit: Matty Stern/US Embassy Tel Aviv)

Les américains ont dit qu’ils souhaitaient commencer la négociation de neuf mois par une annonce israélienne d’arrêt de la construction  » mais cela était impossible en raison des membres de la coalition gouvernementale et nous y avons renoncé … Nous n’avions pas réalisé que continuer de construire permettait aux ministres de la coalition de saboter le succès des pourparlers. Il y a beaucoup de raisons dans l’échec des négociations mais le peuple en Israël ne doit pas se cacher l’amère vérité : le sabotage principal est venu des implantations. Les Palestiniens ne croient pas que les Israéliens veulent vraiment les laisser créer un État quand, dans le même temps, on construit des implantations sur le territoire qui est destiné à devenir celui de leur État. Nous parlons de 14.000 logements, pas moins. C’est seulement maintenant après l’échec des pourparlers que nous comprenons qu’il s’agissait d’exproprier du territoire sur une grande échelle et que cela ne pouvait favoriser la conclusion d’un accord. »

 » Au point où nous sommes, il est très dur de voir comment les négociations pourraient reprendre et conduire à un accord. Vers  la fin Abbas demanda un gel de trois mois de la construction en suggérant qu’en cas d’accord, les israéliens pourraient construire le long de la frontière autant qu’ils le souhaitent. Mais les Israéliens refusèrent “.

Jonathan Pollard (photo credit: YouTube screenshot)

Jonathan Pollard (photo crédit: YouTube screenshot)

Les américains ont dit à Barnea que Obama voulait préparer la libération de Jonathan Pollard  bien que cela n’était pas pour augmenter sa popularité dans la système de sécurité américain . Il y avait un effort énorme de notre part pour sortir le véhicule des sables où il s’était enlisé. Mais la réalité dans la région nous a cogné durement. Des deux côtés, personne n’avait le sens de l’urgence, Kerry était le seul qui avait le sens de l’urgence mais ce n’était pas suffisant. »

Un officiel américain, très amer, a déclaré à Barnea :  » Je devine que nous allons avoir besoin d’une autre Intifada pour créer les circonstances qui permettraient de progresser ». Une troisième intifada , ont dit clairement les américains, serait une tragédie. On suppose que vous savez qu’au 21ème siècle, le monde n’accepte plus l’occupation israélienne. Cette occupation menace le statut d’Israël dans le monde et menace le sort d’Israël comme État juif”.

Sur  l’insistance de Barnea  de considérer l’hypocrisie internationale au sujet de la présence d’Israël sur la Rive Ouest alors que le monde » ferme les yeux sur l’occupation du Tibet par la Chine ou ce qu’entreprend la Russie en Ukraine, les américains ont répondu :  » Israël n’est pas la Chine. Il a été fondé par une résolution de l’ONU. Son avenir dépend de la façon dont il est vu par la communauté internationale. »

Les officiels américains ont décrit à Barnea ce qu’ils ont appelé la perte de confiance de Abbas dans l’avenir des négociations et dans Netanyahu et comment son scepticismes s’accrût devant la poursuite de la construction et des demandes d’Israël d’avoir le contrôle total sur les territoires, Selon le point de vue de Abbas, ont rapporté les américains à Barnea ,  » il n’y aurait aucun changement sur le front de la sécurité , son contrôle de la Rive Ouest continuerait toujours et Abbas est arrivé à la conclusion qu’il n’y avait rien pour lui dans un tel accord ». Il a 79 ans et il est arrivé au dernier chapitre de sa vie. Il est fatigué et il voulait donner à la négociation une dernière chance mais, selon lui, il n’a pas trouvé de partenaire du côté israélien. Sa légitimité ne repose pas sur un accord de paix avec Israël.

John Kerry, , avec Mahmoud Abbas à Paris le 19 février 2014 (photo credit: US State Department)

John Kerry, , avec Mahmoud Abbas à Paris le 19 février 2014 (photo credit: US State Department)

“En février, Abbas était dans un hôtel a Paris pour une rencontre avec Kerry. Il avait un refroidissement et il se plaignait d’être trop sous pression. » Je suis fatigué de tout cela  » et il refusa toutes les propositions de Kerry. Un mois plus tard, en mars, il était invité a la Maison Blanche. Obama lui présenta les propositions américaines verbalement mais pas par écrit . Abbas refusa.

Abbas, les officiels américains l’ont dit à Barnea, a fait beaucoup de concessions, en acceptant que  » la Palestine » soit démilitarisée, en acceptant le tracé de frontières proposé par les américains qui laisse 80% des implantations sous souveraineté israélienne et en acceptant que la vallée du Jourdain reste sous contrôle israélien pendant cinq ans.

 » Il a accepté également que les quartiers juifs dans Jérusalem Est restent sous souveraineté israélienne et il a accepté que le retour des Palestiniens ne dépende que de la volonté des Israéliens  » Israël ne sera pas submergé par le flot des réfugiés , » a-t-Il promis.

Le seul  blâme des américains à Abbas a été son refus absolu de reconnaître Israël comme État nation Juif mais là aussi les américains étaient en empathie avec Abbas, « Les Palestiniens se méfiaient et avaient peur d’un piège pour leur faire approuver les thèses sionistes..  »

Le ministre du logement et de la construction Uri Ariel, au centre, au cours d.ine conférence de presse pour la promotion de nouveaux logements à construire dans l'implantation juive de Tel Tzion, près de Jérusalem, le 13 Août 2013 (photo credit: Flash90)

Le ministre du logement et de la construction Uri Ariel, au centre, au cours d’une conférence de presse pour la promotion de nouveaux logements à construire dans l’implantation juive de Tel Tzion, près de Jérusalem,
le 13 Août 2013 (photo credit: Flash90)

Le dernier choc pour Abbas fut l’annonce en mars dernier par le ministre du logement et de la construction Uri Ariel de l’autorisation de bâtir 700 logements dans le quartier de Gilo près de Jérusalem. A ce moment, les américains ont dit que Abbas » avait perdu tout intérêt et il se tourna vers les négociations de réconciliation et de sa succession politique.

Les américains ont averti qu’avec la fin des pourparlers, Israël pouvait se trouver devant un problème : maintenant rien ne pourra arrêter les Palestiniens de se tourner vers la communauté internationale. les Palestiniens sont fatigués du statut quo. Ils obtiendront leur État à la fin soit par la violence soit par l’appui des organisations internationales

ils ont également averti que si, comme il est à été annoncé, Israël cherche à imposer des sanctions économiques aux Palestiniens, il pourrait y avoir un effets boomerang. L’économie de la Rive Ouest s’effondrerait et alors Abbas dirait :  » Je n’en veux plus désormais. Il faut m’en débarrasser « .Il y a un grand potentiel de détérioration qui pourrait finir par la fin de l’Autorité Palestinienne. Les soldats israéliens devraient administrer la vie de 2,5 millions de palestiniens, les pays donateurs cesseraient de l’être et la facture de 3 milliards de dollars par an devrait être payée par votre Ministre des Finances ».

Ces avertissements délivrés par les américains sont assez semblables à ceux exprimés par Obama dans une interview qu’il avait donnée peu avant de recevoir Netanyahu à la Maison Blanche en mars dernier.

Israël peut s’attendre à faire face à un isolement international et sans doute à des sanctions de la part de pays ou de grosses compagnies mondiales si Netanyahu n’arrive pas à accepter un accord cadre avec les Palestiniens. Obama avait déclaré à Bloomberg ‘ » Si Netanyahu ne croit pas qu’un accord de paix avec les palestiniens soit une bonne chose pour Israël, il doit alors proposer une solution alternative!, Obama a déclaré :  » Il y a un moment où vous ne pouvez plus rien avoir sous contrôle et alors vous commencez à ne plus avoir que des choix très difficiles ».

Benjamin Netanyahu le 16 Fevrier 2014 (photo credit: Marc Israel Sellem/POOL/Flash90)

Benjamin Netanyahu le 16 Fevrier 2014 (photo credit: Marc Israel Sellem/POOL/Flash90)

Le Président a condamné  les activités d’implantations sur la Rive Ouest et à dit que bien que son lien avec Israël soit indestructible, ces constructions au delà de la Ligne verte sont contreproductives et rendent extrêmement difficile pour les USA de défendre Israël des conséquences douloureuses venues de la communauté internationale.

 » Si vous ne voyez pas d’accord de paix et que vous persistez dans une politique agressive de construction et d’implantations, et ces deux dernières années ce fut le cas bien plus que durant toutes les années précédentes, si les Palestiniens en arrivent à penser que la création d’un État souverain aux côtés d’Israël ne pourra pas se faire, alors notre capacité de gérer la crise internationale serait singulièrement limitée » à averti Obama.

Traduit et adapté du Times of Israël

http://www.timesofisrael.com/us-officials-even-if-israel-doesnt-like-it-palestinians-will-get-state/?utm_source=The+Times+of+Israel+Daily+Edition&utm_campaign=c2be1a8301-2014_05_03&utm_medium=email&utm_term=0_adb46cec92-c2be1a8301-54444449

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