Juifs d’Ethiopie. Serge Hajdenberg

En Israël les deux dernières semaines ont notamment été marquées par les émeutes qui suivirent la mort violente d’un jeune garçon de 19 ans issu de la communauté israélo-éthiopienne. Un policier en repos ce jour-là est accusé de l’avoir tué volontairement avec une arme à feu ce qu’il nie, affirmant qu’il s’agit d’auto-défense suite à des menaces du jeune homme. L’affaire est en cours d’instruction. Mais très rapidement des dizaines de milliers de personnes, dans tout le pays, sont descendues dans les rues des villes pour manifester et protester durement contre la police et ont bloqué les carrefours des grandes routes ce qui a provoqué une quasi paralysie générale.

Les Juifs d’Ethiopie l’héritage du roi Salomon et de la reine de Saba,

Pour les plus anciens de nos auditeurs cet épisode de la vie israélienne les interpellera en leur rappelant quelques souvenirs d’il y a plus de 35 ans. En effet Radio J avait, grâce à un de ses militants, Norbert Lypzic, fait connaître à la quasi-totalité de son audience l’existence et l’histoire de ces juifs noirs vivant en Ethiopie et encore fidèles au judaïsme et qui subissaient les tentatives de conversions forcées et qui n’avaient comme ultime volonté de survie que celle de partir s’établir en Israël. A l’initiative du Renouveau Juif notre communauté et ses amis se mobilisèrent et en une seule journée collectèrent l’équivalent de plus de cinq cent mille €uros d’aujourd’hui afin d’aider ces pauvres gens à réaliser leur rêve. Peu de temps après, une autre militante, Elisabeth Lenchener, avec l’aide du Rabbin Eisenberg de la « Source de Vie » produisit un film pour la télé ce qui donna encore plus de résonance au drame qui se déroulait au Gondard. Une mobilisation importante à travers le monde et notamment aux Etats-Unis permit à l’Etat d’Israël de faire venir par tous les moyens possibles les descendants de la Reine de Saba vers leurs coreligionnaires qui dans leur immense majorité les accueillir les bras ouverts.

Ce ne fut pas facile tous les jours et la mobilisation du pays permit de franchir bien des obstacles, notamment d’aider nos frères africains noirs à passer d’une sorte de moyen-âge patriarcale de certaines régions d’Afrique vers le vingtième siècle européen moderne. Le constat terrible était que les nouveaux émigrants âgés de plus de 40 ans n’avaient plus guère de chance de s’adapter et de s’intégrer dans cette nouvelle vie.

Il faut reconnaître aux gouvernements israéliens successifs et à des militants bénévoles de n’avoir pas lâcher le morceau et ce jusqu’à aujourd’hui. Les jeunes nés en Israël et issus de cette communauté, diminuent petit à petit l’écart qui les séparent de leurs aînés israéliens.

Cela ne va pas assez vite ? Certes.

Mais partout dans le monde des jeunes et leurs parents incapables de les aider font face à ce genre de situation. Le voir, le reconnaître ne règle pas tout. Oui cela entraîne aussi des réponses salement racistes de certains israéliens. Y compris parfois dans la police. Dans des conditions troubles cette dernière victime israélo-éthiopienne est la 11ème en quelques années. Inadmissible. Mais voyons aussi l’autre côté de la pièce, il y a plus de 20 ans que l’armée israélienne a confié des postes de responsabilité à ces jeunes gens pour leur témoigner de la confiance du pays, notamment dans l’unité d’élite des « gardes-frontières » et dans les unités combattantes les plus dangereuses composées de volontaires. Souvenez-vous pour ceux qui s’y trouvaient, de cette soirée du Libi, à Paris, où l’on a pu voir, resplendissant dans sa tenue blanche d’officier, un capitaine, ingénieur informaticien à bord d’un sous-marin de la marine israélienne. Et nous savons tous qu’en Israël l’armée brasse l’intégration nationale.

Je crains qu’il ne faille encore deux ou trois générations afin que ne disparaisse ce problème que l’on ne peut pas nier et qu’il faut affronter les yeux dans les yeux, aussi bien avec les vulgaires racistes israéliens qu’avec ceux pour qui tout est bon pour critiquer ce pays. Ce pays qui, rappelons-le, est le seul qui ait extrait des populations noires d’Afrique, non pas pour en faire des esclaves, mais pour en faire des hommes libres dans un pays libre, le leur.

Serge Hajdenberg

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Publié dans international
3 commentaires pour “Juifs d’Ethiopie. Serge Hajdenberg
  1. Amos Zot dit :

    Il y a du racisme dans tous les pays mais moins en Israël qu’ailleurs.
    Les actes racistes doivent être punis sévèrement.
    Pour ce qui concerne l’enquête en cours, il faut en connaître les conclusions avant d’accuser le policier de meurtre et de racisme.

    La présomption d’innocence doit s’appliquer dans tous les cas même si le policier est blanc et la victime noire.

  2. SOUED dit :

    ok
    mais les derniers arrivages sont des infiltrés de pays voisins de l’Ethiopie, Soudan, Erythrée, Somalie qui n’ont rien de juif dans leur comportement. Ils sont comparables aux infiltrés en Europe qui sèment le désordre et la panique.

    Lapider un officier de police juif en civil est non seulement condamnable, mais méritait bien un coup de semonce qui a mal tourné pour lui…

    • Je souscris à cent pour cent à votre commentaire, Soued.
      Par ailleurs, je pense que les manifestations publiques qui ont suivi le triste événement ont été surfaites paralysant pratiquement le pays avant même de connaître les circonstances des faits.
      Enfin, il n’est pas bon de faire de la « discrimination positive »,- terme que je désapprouve -, entre un délinquant « noir » et un délinquant « blanc ».

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