Détruire une tombe. Le comble de l’ignominie. Par Sarah Cattan

L’écrivain algérien Kamel Daoud a annoncé sur son profil Twitter que la tombe de son père vient d’être détruite, dans le jour qui coïncide avec anniversaire de sa mort.

 

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Connu au niveau international et très controversé pour ses positions face aux islamistes, l’écrivain algérien Kamel Daoud vient de déclarer que la tombe de son père avait été détruite, dans le village de Mesra, son village, dans la wilaya de Mostaghanem, et ce le jour de l’anniversaire de sa mort.

Dénonçant la peste sociale qui ronge l’Algérie, Kamel Daoud tweete que d’autres tombes ont été détruites.

La main de l’intolérance a encore frappé. Et de la manière la plus lâche qui soit. Les victimes sont cette fois-ci des morts que des mains criminelles, déshumanisées ont assassiné une seconde fois, a écrit R.I. dans algeriemondeinfos.com, alors que l’auteur de Zabor ou Les psaumes, commentant cet acte barbare sur son compte twitter, écrivait : La peste se propage. Ce pays plonge.

L’auteur de Mersault contre-enquête[1] a été inondé de messages de solidarité dénonçant la lâcheté et l’indignité : Les victimes sont cette fois-ci des morts que des mains criminelles, déshumanisées, ont assassiné une seconde fois.

 Ciblé en 2014 par une fatwa du dirigeant salafiste Abdelfettah Hamadache qui avait traité de sioniste celui qu’il accusait de faire la guerre à l’Islam parce qu’il avait déclaré   que l’Islam n’était propriété de personne, Kamel Daoud a très récemment[2] publié dans Le Monde une tribune qui n’a guère dû plaire aux milieux conservateurs : L’orgasme n’est pas un complot occidental.

Récompensé par le Prix du meilleur journaliste de l’année, il avait annoncé[3] une semaine après qu’il arrêtait ses chroniques au Quotidien d’Oran, ulcéré d’avoir été traité d’islamophobe pour avoir évoqué[4] la misère sexuelle dans le monde arabe, lors des viols de Cologne, voulant aussi se remettre à lire : Les livres sont des espaces offshore. Par habitude de lecteur frustré – quand j’étais enfant il n’y avait pas de livre donc quand je finissais un livre je le relisais -, je suis un immense relecteur. Je relis tous les deux ans les Mémoires d’Hadrien, de Marguerite Yourcenar, c’est l’homme sans Dieu qui m’intéresse. Et tous les quatre ans je relis Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier, bouleversant sur l’altérité, la sexualité.

Pour info, 182 de ses chroniques sont publiées chez Actes Sud sous le titre Mes indépendances.

Sarah Cattan

[1] Prix Goncourt du premier roman en 2015.

[2] 20 septembre 2018.

[3] 18 février 2016.

[4] Cologne, lieu de fantasmes. Le Monde. 31 janvier 2016.

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Publié dans international
2 commentaires pour “Détruire une tombe. Le comble de l’ignominie. Par Sarah Cattan
  1. J-Victor dit :

    Un homme (ou femme, on s’en fout, humain ./) qui sauve l’homme (ou femme, on s’en fout, humain ./).
    Suffisant pour que la haine obscurantiste lache ses chiens, dans le présent, dans l’avenir, et même, donc, dans le passé. Le totalitarisme se veut toujours la fin du temps (du, comme chez Messiaen), le gel de la vie et de l’histoire, la fin définitive au nom de la vérité absolue.

  2. Jymfr dit :

    Que feront les « Islamistes » et le Monde de l’Islam, quand ils s’interrogeront (s’ils s’octroient cette possibilité) sur les origines véritables des courants islamiques & sur cette « vérité » inavouable, que le Prophète n’est pas mort dans son lit comme on le croit (et encore moins emporté sur un un cheval.)…
    Que pensez-vous qu’il se passe après un an d’enterrement ?
    L’âme de l’être « reste » aux cotés du défunt une période « limitée » (cad tant que la chair se putréfie… ) mais aussi un « filament » rougeâtre (invisible, bien sûr)reste en lien entre les ossements et l' »être » enterré…
    La profanation d’une sépulture est un « risque » très humain et sujet même aux accidents de la « nature ». Les fosses à ossements collective dans les cimetières français sont des choses très courantes. Il faut relativiser, même si ça fait de la peine pour ce victime…

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