Afrin et Gaza, deux poids deux mesures ? par Hagay Sobol

Après deux mois d’âpres combats, l’armée turque et ses supplétifs djihadistes sont entrés dans la ville d’Afrin en Syrie. Le président Erdogan peut désormais mettre à exécution sa promesse de chasser la population Kurde pour la remplacer par une autre. Si la communauté internationale n’agit pas avec fermeté, la campagne « rameau d’olivier » ne sera pas seulement le tombeau de nombreux civils innocents mais également celui de nos valeurs, celles qui fondent la distinction entre « civilisation et barbarie ».

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« Les loups sont entrés dans Afrin »

Après deux mois d’une résistance farouche, les escadrons turcs sont entrés dans Afrin. Mais que pouvaient faire les Kurdes, seuls et sous-équipés, face à la deuxième armée de l’OTAN, appuyée par des hordes djihadistes, ceux-là-mêmes que la coalition internationale a combattu ? A cette époque, les qualificatifs ne manquaient pas pour encenser les pershmergas kurdes, nos alliés qui avec leur seul courage et un armement dérisoire étaient en première ligne. C’est à eux que nous devons en grande partie l’effondrement de Daesh.

Les pires menaces pèsent désormais sur la population civile face à des islamistes ivres de vengeance et l’armée régulière turque qui prétexte lutter contre des terroristes.

L’inaction « du monde libre »

Mais « le monde libre » semble aveugle et sourd au drame qui touche un million de personnes. Ce ne sont pas seulement le manque d’images ou l’éloignement géographique qui étouffent le cri des victimes mais notre indifférence, une fois la tâche contre l’Etat Islamique accomplie, et des intérêts politiques contradictoires.

Pourtant, mettre deux mois pour venir à bout d’un si petit territoire est la démonstration flagrante de l’insigne faiblesse de celui qui se prétend notre allié, tout en étant également celui de la Russie, de l’Iran, du Hezbollah mais également des djihadistes!

Si les Etat sont embarrassés, alors les intellectuels ou les élus ne pourraient-ils pas agir ? Il en est qui ne manquent pas de courage. Il faut les saluer. Mais sans décision politique forte et relai populaire, il est à craindre que nous assistions impuissants à un nouveau génocide, un siècle après celui des arméniens.

Cela ne sera pas sans conséquence. Car pour venir au secours de leurs frères, d’autres kurdes ont cessé le combat contre Daesh qui se ressaisit. Il est certain que nous en payerons le prix là-bas, mais également chez-nous

Quel contraste avec le soutien à Gaza en 2014 !

En d’autres occasions, le monde politique et la société civile savent faire porter leur voie. Prenons l’exemple du conflit qui a opposé le Hamas islamiste de Gaza à Israël en 2014. On vu des rues noires de monde condamnants unanimement l’Etat Hébreu pour usage disproportionné de la force. Ce dernier, comme l’a dit à l’époque le Président François Hollande, était pourtant dans son droit de répondre à une agression et défendre sa population civile.

Où sont ces élus, ces syndicalistes, le monde associatif, les anonymes, tous ces manifestants aujourd’hui? Les civils d’Afrin en auraient le plus grand besoin. Leur survie est suspendue à leur mobilisation. Régulièrement, dans les rues des plus grandes villes d’Europe, la diaspora kurde bas le pavé. Ils sont bien seuls. La moindre des choses serait de les rejoindre, pour les soutenir et dire non aux exactions et non au nettoyage ethnique.

Afrin sera-t-il le tombeau de nos valeurs ?

Après chaque génocide, de belles âmes entonnent la même litanie : « nous ne savions pas ». Il y a cependant une différence entre ne pas savoir et ne pas agir. Le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, s’est exprimé sur le sujet et a affirmé que « rien ne justifie l’action en profondeur turque à Afrin ».

Aujourd’hui nous savons. Aussi, une responsabilité immense pèse sur le pays des droits de l’Homme. Car si nous choisissons de ne pas agir, quelle qu’en soit la forme, Afrin ne sera pas seulement le tombeau de centaines de milliers de civils, hommes, femmes et enfants, mais également celui des valeurs qui nous fondent. Et à l’avenir, nous n’aurons plus aucune légitimité pour nous élever contre les injustices de ce monde. Nous serons condamnés à voir progresser impuissants et silencieux le règne de la barbarie.

Hagay Sobol

 

 

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Publié dans international
5 commentaires pour “Afrin et Gaza, deux poids deux mesures ? par Hagay Sobol
  1. Jg dit :

    Encore un blablateur politicien francouillon ! Specialiste des discours , et qui se trouve paralyser quand ses  » kamarades  » insultent l etat Juif !

  2. Hagay Sobol dit :

    Jg,

    Merci pour votre commentaire. Mais je crois que vous n’avez pas compris le sens de mon article. Je critique le 2 poids 2 mesures quand il s’agit des Kurdes et d’Israël comparé à Gaza. Je vilipende la lâcheté et le parti prix de certains.

    Quant à mon engagement et mes actions concrètes, elles sont connues de tous hormis vous.

    Puis-je vous conseiller de me lire et après d’en discuter ?

  3. GUIBORAT dit :

    Mr Sobol l’idéalisme ne paie à notre époque.
    Savez vous que deux manifestations pro-Kurdes (une centaine de
    sympathisants chacune) ont été violemment réprimées par les CRS, en plein centre de Paris, lundi ? Les pompiers ont récupéré plusieurs blessés, qui n’ont pas reçu la visite du Chef de l’Etat Français (comme un certain Théo – 2 poids, 2 mesures).
    erdogan vient « d’empocher » 3 milliards d’euros pour surveiller le franchissement de ses frontières par « nos futurs » migrants.
    Angela et Emmanuel ne vont pas l’irriter avec quelques réflexions sur son caractère soupe-au-lait.
    Il a déjà traité Angela de nazie….
    Attendons de le voir trouver « des poux » aux Grecs.
    J’ai l’impression d’avoir retrouvé une vieille connaissance dont le nom commençait par H… , qui rêvait de conquêtes et que l’ Europe a lâchement laissé agir. Je vais me réveiller ?!!

  4. Hagay Sobol dit :

    GUIBORAT,
    Merci pour votre commentaire.
    C’est vrai, il y a de quoi être découragé. On a l’impression terrible d’être retourné dans les années 30. Sacrifier la Tchécoslovaquie/Kurdistan pour éviter la guerre et finalement s’y retrouver avec l’invasion de la Pologne/Grèce… ?
    Pourtant la Turquie est bien faible, avec un peu de courage et de réalisme il est possible d’arrêter les choses maintenant. Après… il sera trop tard !

  5. LECHARTIER dit :

    Peu de manifestations et de manifestants, je pense, que ce n’est pas la question Kurde qui les intéressent, c’est je pense la haine ancestral qui à traverse les siècles et nous en avons encore et toujours des soubresauts à l’heure actuelle, nous sommes dans ce cas présent; Ce qui se passe à coté, «  »oui mais, il y a plus urgent » » Cette peste brune qui circulent dans les veines des fascistes antisémitionnistes font des ravages dans la population actuelle. Même si de plus en plus d’entreprises bancaire leurs ferment boutique….! La haine de l’Arabe est très faible par rapport aux Juifs dans la france, au vu du nombre de population et de plus, les Juifs sont confrontés à deux (2) fronts, celui des traditionaliste Européen dont la france en fait partie depuis plusieurs siècles et celles des Arabes, qui eux veulent dominer et écraser tout le monde…..L’un se serve de l’autre et vis versa……Hélas……..!

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