Le Président et le Maréchal : Reste un goût amer. Par Sarah Cattan

On pourrait se réjouir. Se dire Y a plus de polémique Y a plus de commémoration Y a plus de papier qui s’impose

Se dire que Ouf ça tombe bien. Qu’avec Notre PR et sa pensée complexe On prend tous plein de retard Pas un jour sans boulette…

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On pourrait zapper le truc

Faire comme si Il se serait rien passé

Mettre ça aux oubliettes

 

 

Reste un goût amer.

 

Reste un goût amer.

S’Il joue, à quoi donc joue-t-Il. Qu’elle est décidément devenue coutumière, sa manière d’allumer de petits feux, de ci, de là, de distiller dans les Matinales quelques éléments de langage, et de voir. Si jamais ça passait.

A quoi donc joue-t-Il. Du BNVCA au CRIF en passant par un Mélenchon un Philippot Un peu tout le monde, notre PR nous les a tous énervés : quel peut donc être in fine pour lui le gain escompté.

Qu’Il appelât ça Un hommage Une commémoration Une réhabilitation Quoi qu’il donnât comme nom à l’exercice auquel Il prétendit se livrer samedi, la France a répondu NON à son Président : le nom du Maréchal définitivement semble accolé aux qualificatifs les plus péjoratifs. De Traitre à la Patrie frappé d’indignité nationale en 1945 à Synonyme de Honte de la France.

 

Tous – ou presque – parlent tous de déclaration inattendue. D’insulte désinvolte à la mémoire des héros, des résistants, des valeureux poilus de 14-18, de nos soldats de 39-45 et bien sûr des familles juives déportées. Et puis à présent Ils parlent de cafouillage. Moquent le rétropédalage. Dans lequel Ils refusent désormais de ne voir qu’une maladresse. Une de plus.

 

 

Convoquant Simone Veil et l’anniversaire de la Reichskristallnacht, les Français dans leur majorité ne veulent pas entendre parler du grand soldat de 14-18, même si sont nommés ses choix funestes de 40-45. Les Français, ils ne veulent rien savoir du vainqueur de Verdun qui s’octroya lui-même le titre de chef de l’État français, de la France de Vichy donc.

Les Français, ils disent qu’Ils en ont soupé, du En même temps Et de la pensée complexe qui nourrirait ces concomitances dans l’expression présidentielle.

Pour autant, est-elle éteinte, la bronca que leur Président alluma ? Ne lui en tiendront-ils nulle rigueur, puisque Le Palais leur promet que le nom honni ne sera in fine pas prononcé lors de l’hommage rendu samedi aux Invalides. Puisqu’on leur chante depuis hier que le ministère des Armées et l’Elysée sont très clairs. Qu’il n’en sera plus question, de la légende rose qui en [fit] un chef toujours attentif aux sorts des soldats[1].

Les Français, peu leur chaut qu’on vienne leur dire que De Gaulle, Pompidou, Giscard et surtout Mitterrand déposèrent au moins une fois une gerbe de fleurs sur la tombe du Maréchal. En guise d’hommage. Plus ou moins discret…

Pétain, après tout, c’est notre histoire

Les Français, l’itinérance mémorielle de leur Président, ils la regardaient d’un œil. Leur PR requinqué se démenait à nouveau. Oubliant de ci de là quelque micro qui traînait. Se laissant aller, à propos des sans-papiers, à quelques confidences bien embarrassantes dont se saisirent les journalistes du Quotidien. Les Français, ils suivaient tout ça distraitement. Et puis patatras, v’là t’y pas que leur PR entreprit soudainement de causer de Pétain, sujet tabou par excellence, et lâcha, mine de rien : Pétain, après tout, c’est notre histoire.

Mais comment diable ses Conseils avaient-ils pu prévoir d’inclure ce nom indigne dans quelque hommage sans avoir imaginé le balagan qui s’en suivrait. C’est qu’ils avaient dû débattre des jours et des jours: Comment ne pas L’inclure. Comment L’inclure. Et faire passer la pilule. J’en sais même qui répètent encore qu’il fallait après tout y aller et faire un moment d’information. Shame !

 Son insoutenable légèreté

D’aucuns s’offusquent désormais de son insoutenable légèreté. De ses couacs à répétition. Ceux-là ne décolèrent pas et Lui demandent de moins sortir. Ou d’aller au Touquet. D’en profiter pour retenir l’Histoire.

De mauvais esprits songent même à un enfumage pour détourner l’attention des français.

Tous ou presque s’accordent à dire qu’il était inapproprié de disserter sur les différents Pétain.

Les Français, ils n’en peuvent plus, des Griveaux et Schiappa volant illico presto au secours de leur Chef. Répétant en boucle qu’ils n’ont rien entravé à l’affaire. Qu’ils seraient presque des ânes qui n’auraient rien pigé. Qu’il n’en a jamais été question. Que s’il y avait eu confusion, c’est qu’ils n’avaient pas été suffisamment clairs sur ce point. Que c’était encore une mauvaise polémique. Un raccourci douteux. Que d’ailleurs même le Général avait dit que sa gloire à Verdun ne saurait être contestée ni méconnue par la patrie. Que Mitterrand en son temps avait régulièrement fait fleurir sa tombe à l’île d’Yeu et que cette bizarrerie, clin d’œil manifeste à l’extrême droite, n’avait pas provoqué le tollé d’aujourd’hui. Que tout ça c’était encore les media. Et puis un peu le CRIF quand même hein.

Que pour info, le PR, Chef des Armées, n’assisterait pas lui-même à la cérémonie. Qu’Il serait représenté par son chef d’état-major particulier. Que sa tombe ne serait pas fleurie par la Présidence.

Mais que veulent-ils de plus les Français ???

Que diable alla-t-il faire dans cette galère

Les Français, ils se disent qu’Il a encore fait une boulette. Ils l’appellent la boulette mémorielle. Ils pensaient que leur PR avait déjà fort à faire avec les Gilets jaunes postés aux différentes étapes de son itinérance mémorielle.

Que diable alla-t-il donc faire dans cette galère. Ne lui avait-on pas dit, en son Palais, qu’elle était indéfendable, cette glorification du premier collaborateur du nazisme en France.

Elle est pour quand la prochaine

Cette fois, c’est entendu : nous sommes priés de passer à autre chose. D’attendre en somme la prochaine polémique. Chic Nous allons pouvoir oublier tous les plateaux télé d’hier. Sur lesquels en continu Chacun, avec sa science et sa grande prétention, y alla de sa leçon. D’histoire.

Nous allons pouvoir oublier les conversations type café du commerce. Frappées souvent du sceau du bon sens :

Parfois, lorsqu’on est trop intelligent, on atteint de tels niveaux que tout à coup on manque d’air, que la portance chute et on se retrouve à pédaler désespérément pour tenter de rester en vol. Et on se casse la gueule, évidemment. J’ai l’impression que c’est ce qui arrive à Macron. Ce qu’il dit n’est pas intrinsèquement faux, mais sera toujours sujet à polémiques. Alors pourquoi met-il ces sujets sur la table maintenant que de plus en plus de personnes le trouvent illisible dans ses actions et inaudible dans ses discours normaux ?

Il a peut-être su séduire dans certains couloirs de grandes entreprises, mais là il semble de plus en plus fabriqué, paumé dans ses relations avec les gens normaux.

Itinérance mémorielle Fallait la trouver celle-là ! Commémoration ne suffisait pas, trop simple sans doute. Alors les conseillers en communication ont phosphoré pour façonner des « éléments de langage »

En guise de conclusion

Les Français ils disent à leur Président qu’on n’absout pas Vichy en saluant Verdun. Que l’Histoire ne saurait isoler une étape, même glorieuse, d’un parcours militaire. Qu’ici elle jugeait l’immense et indigne responsabilité d’un Maréchal qui abolit de sa propre autorité les institutions républicaines et les libertés fondamentales, réduisit à néant syndicats et partis politiques, instaura une législation antimaçonnique et antisémite dès 1940, et couvrit de son nom la déportation de milliers de Juifs de France.

Les Français ils disent à leur Président Que commémorer revenait à réhabiliter et que pour comprendre la trajectoire d’un homme, il n’était nullement besoin de le commémorer. Que saisir la complexité des personnages et de l’Histoire, c’était le rôle des seuls livres et des seuls professeurs d’Histoire.

Les Français, ils se rappelaient qu’au détour d’une phrase, évoquant le sinistre individu, un ancien Président avait parlé de forfaiture et que le prédécesseur du PR avait, lui, commémoré les cent ans de la bataille de Verdun sans jamais citer dans son allocution le nom du Maréchal.

La faute à qui tout ça

La boulette ! A un point que, à les entendre tous et aussi à les lire, à l’entendre Lui surtout, à regarder ce visage offusqué devant l’ingratitude de son peuple, tu te dis que peut-être il ne saurait y avoir de fumée sans feu ?

Que tout ce procès était ma foi un peu injuste dans la mesure où le chef de l’État à l’occasion de l’anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv avait, comme Jacques Chirac avant lui, clairement expliqué que l’État français était responsable de ce qui s’était passé, sans chercher à maquiller quoi que ce fût ! Et que donc, once more, le CRIF avait imposé sa loi au Gouvernement français et à son Président !

Ou encore : si ça n’est pas la faute du CRIF, c’est donc celle des médias, trop heureux de créer des polémiques là où il y avait zéro problème : Je ne suis pas dans votre bocal. Vous créez des polémiques tous seuls, mes enfants, les avait enguirlandé leur Président !

Allons honorer le Visage Inconnu

Moi je sais ! A l’occasion du Centenaire de l’Armistice, j’irai à Péronne. Me prosterner devant le Visage Inconnu. Ce portrait numérique, synthèse des dizaines de milliers de visage humains, hommes et femmes, tous emportés dans le tourbillon de la Grande Guerre. Superposés les uns sur les autres et réunis en ce seul et même portrait, désormais universel. Elle se suffira, cette démarche de mémoire, de compréhension, et d’espoir.

Sarah Cattan

[1] Pétain a joué un rôle central en 1916 dans la défense de Verdun dont il avait la charge, puis à partir de mai 1917 à la tête des armées, et pas uniquement selon la légende rose qui en fait un chef toujours attentif aux sort des soldats. Nicolas Offenstadt. Maître de conférences à Paris-I-Panthéon Sorbonne. In Le Parisien. 8 novembre 2018.

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Publié dans histoire
15 commentaires pour “Le Président et le Maréchal : Reste un goût amer. Par Sarah Cattan
  1. OLIVIER COMTE dit :

    Texte exemplaire.Merci.

  2. Passepartout dit :

    Les dessins ci-dessus ne portent aucune signature ni indication de source.
    L’unique signature étant celle de l’auteure, faut-il conclure qu’ils sont de sa main ?…

    Certains passages sont en italiques. Mais sans guillemets ni indication d’auteur(e). Même question.

  3. André dit :

    Peut-être est-il temps d’arrêter la commémoration de 14-18 parce qu’entre Pétain, les rappeurs, les enfants qui courent entre les tombes et ce « visage inconnu », ça tourne vraiment au cirque !

  4. josaphat dit :

    Bonsoir,
    depuis quelques temps , je suis très déçu par les commentaires dans TJ, soit systématiquement contre tout, soit intellectuellement peu compréhensibles, soit messianiques intégristes, soit primitifs et binaires…je ne pense pas poursuivre cette aventure car lassé par le fait de notre devoir à résister et s’unir face à l’Islam qui n’est pas seulement une religion mais un système de gouvernance antisémite…je pose mes valises avant de partir comme les protestants en 1685…
    Bien à vous tous

    • André Mamou dit :

      Vous avez raison ! Chacun s’obstine dans son coin à rabâcher ses convictions et les problèmes que nous connaissons bien sont passés sous silence ! Même si vous partez restez avec Tribune Juive où vous avez publié des commentaires qui comptent.

    • Sarah Cattan dit :

      Vraiment Si vous partiez Vous me peineriez. Oui je continue à lire les commentaires mais avec une certaine distance.
      Une distance certaine
      Je sais à présent les signataires.
      Il s’y trouve des professionnels en démolition
      Ceux-là sévissent systématiquement .
      D’autres dont la et leurs critiques nous sont essentielles.
      Elles sont fondées
      Intelligentes
      Je ne donnerai bien sûr pas de nom mais sachez que moi et d’autres ici avons besoin de vous. De Julius. De Monsieur Comte. Et tant d’autres dont la sévérité est vue comme un gage d’exigence
      Pour info
      Les dessins font du grand Joann Sfar
      Les citations en italiques relevées dans les bars

    • Passepartout dit :

      Cher Josaphat

      Avoir envie de partir vous regarde.
      Rappelons tout de même que « partir c’est mourir un peu »…
      Et que si ailleurs rime avec meilleur, rime n’est pas synonyme…

      En revanche, vous émettez des critiques sur les « commentaires dans TJ ». Ils ne sont apparemment pas de votre goût ni conformes à vos opinions.

      A toutes fins (in)utiles veuillez noter que moi, je m’obstine à les lire et à réagir PARCEQUE souvent ils ne sont pas de mon goût ni conformes à mes opinions. Idem pour les article d’ailleurs.

      Accessoirement : il me semble avec plaisir que vous utilisez la méthode suggérée (par quel pseudo déjà ?…) d’écrire votre texte d’abord sur page Word et ensuite copier-coller dans le rectangle TJ. C’est mieux.

  5. Offenstadt dit :

    Madame

    Vous me faites dire le contraire de ce que j’ai exprimé dans de nombreux médias en tronquant la citation. Ce n’est pas sérieux. Auriez-vous l’amabilité de rectifier votre propos ? Votre citation tirée du Parisien.fr dit : « Pétain a joué un rôle central en 1916 dans la défense de Verdun dont il avait la charge, puis à partir de mai 1917 à la tête des armées, et pas uniquement selon la légende rose qui en fait un chef toujours attentif aux sort des soldats »

  6. Passepartout dit :

    D’accord avec André ci-dessus disant « Peut-être est-il temps d’arrêter la commémoration de 14-18… ».

    Etonné par le dithyrambe dans ces mêmes colonnes d’un « spectacle musical » intitulé « Clemenceau Le Musical au Palais des Congrès ». Placé un p’tit commentaire vitriolesque dessous.
    Car finalement, à quand une comédie dansante dénommée « Pétain » ?

    Vu que l’avantage de Clémenceau fut de mourir en 1929. Sinon, se serait-il comporté autrement que son acolyte Pétain en 1940 ?

    Et que la « victoire » de 1918 était à la Pyrrhus. Précédant une trêve de 20 ans, mise à profit par les belligérants (surtout les Allemands, plus prévoyants) pour s’armer davantage, elle a eu pour conséquence la VRAIE déflagration de 1939.

    Le dernier coup de canon de 1918 était le premier de 1939. Et les conditions de l’armistice du 11 novembre préparaient septembre 1939.

    On célèbre donc quoi, le 11 novembre ? Le début d’une trêve aux conséquences cataclysmiques ? La bêtise crasse de l’espèce humaine ? On nous prend pour qui depuis combien de temps ? QUELLE VICTOIRE ?

    Pourquoi, croyez-vous, on nomme 14-18 « La Grande Guerre » alors que la suivante était infiniment plus « grande » ? Simple : cette appellation date de la trêve qui précéda 1939 ; on croyait à la « der des der » ; personne n’imaginait la suite et on célébrait, de bonne foi, le prétendue « armistice ».

    Mais aujourd’hui, n’est-ce pas, nous disposons d’une perspective plus adéquate. Nous savons pertinemment qu’il n’y avait pas deux guerres mondiales en Europe pendant la première moitié du 20eme siècle, mais une seule coupée d’une trêve de 20 ans.

    Alors ON CELEBRE QUOI ?

  7. airdularge dit :

    Ces questions que nous nous posons, ces échanges passionnés, virulents parfois, que nous avons, à propos de pétain, de Macron ou d’autres, sont ils le symptôme du mal-être d’une fraction de la population qui a de plus en plus de mal à se reconnaitre dans une « francité » devenue méconnaissable au fil du temps ?

    D’un malaise devenu palpable pour s’être, à ce point, trompé sur la nature réelle d’un environnement de plus-en-plus pesant ?

    • Passepartout dit :

      Votre remarque est lourdement lestée de la supposition « ça va mal » ; cousine germaine du « avant c’était mieux ». (« mal-être…. de plus en plus de mal…. Malaise…. environnement de plus-en-plus pesant… »).

      Car si nos échanges sont un symptôme de qqc, c’est de notre vivacité. Diriez-vous aux footballeurs que leur dribble est un symptôme de mal-être ?

      Et cessez de nous (vous) prendre pour des malheureux. En rétrospective historique « ça » n’allait jamais mieux qu’aujourd’hui. La « francité » a bon dos.

      A l’exception notable de l’écologie. Mais ce n’est pas de ça que vous parlez, j’imagine.

      • airdularge dit :

        Lestée de suppositions, dites vous ? Et en quoi ?
        Mes observations relèvent simplement du constat.
        Et si, au nom d’une pseudo objectivité, il faut pratiquer la méthode Coué, c’est votre choix, pas le mien.
        Quand au couplet sur la vivacité, les dribbles des footballeurs, naviguant en solitaire depuis longtemps, je sais faire la part du danger et du cinema.
        Au fait, il existe une police de la pensée, maintenant ?

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