Si Sarah Halimi s’était appelée Malika Ashraoui… Frédéric Sroussi

Frédéric Sroussi

La motivation qui a poussé la justice-du-mur-des-cons à  écarter le caractère antisémite, – pourtant avéré d’un point de vue factuel – du meurtre barbare de Mme Sarah Halimi nous laisse à penser que la justice française n’est pas toujours impartiale quand il s’agit des Juifs. Rappelons que les juges français prêtèrent allégeance au Maréchal Pétain et participèrent donc à la spoliation de milliers de Juifs en faisant appliquer les lois antisémites de l’ État français.

Si Sarah Halimi s’était appelée Malika Ashraoui

Une question aujourd’hui me taraude : que serait-il passé si Sarah Halimi s’était appelée Malika Ashraoui (j’ai choisi ce nom de façon arbitraire) ?

Je dirai, comme le philosophe Pierre Boutang sur un tout autre sujet, : «Pour le savoir, appliquons la méthode des différences; même hypothétique, la différence est souvent révélatrice.»

Imaginons donc (même si cela relève heureusement de la pure science-fiction !) qu’un Juif pratiquant se soit introduit dans l’appartement d’une femme musulmane, l’ait torturée pendant des heures avant de la défenestrer encore vivante – sans que la police, présente sur les lieux, n’intervienne – et qu’ensuite, ce Juif ait récité des prières en hébreu.

Quelle aurait été la réaction de la classe politique, des médias, des juges et de l’opinion publique ?

Nul besoin d’ être extralucide pour deviner que la France serait tout bonnement à feu et à sang et que des pogroms (à Dieu ne plaise) auraient lieu dans tout le pays.

Les banlieues s’enflammeraient et les policiers paieraient le prix fort pour s’être abstenus de sauver une femme musulmane victime d’un crime odieux.

Le concept du «pas-d’-amalgame» ne serait  évidemment pas utilisé à des fins d’ apaisement (les Juifs, ils sont tous solidaires…).

La justice se précipiterait pour qualifier le meurtre d’acte terroriste, etc, etc.  

Mais, Sarah Halimi n’ était pas musulmane car si elle l’avait été, elle serait vivante aujourd’hui…

Comparons maintenant le désintérêt, voire le mépris pour l’affaire Sarah Halimi avec l’hystérie collective qui suivit l’affaire de cette femme voilée présente au Conseil régional Bourgogne-Franche-Comté, et vous comprendrez le principe dont les Juifs et Israël sont toujours les victimes : le deux poids, deux mesures.

Les débats au sujet de cette affaire de voile , ô combien essentielle, ne cessèrent pas pendant des jours dans tous les médias. Les innombrables défenseurs de cette femme voilée clouèrent au pilori cette «pathologie française » que serait « la chasse au foulard islamique », dixit les affreux bobos du NouvelObs (14/10/19).

Bah oui, d’un côté on ne parle «que» d’un crime accompagné d’actes de barbarie perpétré par un djihadiste contre une femme juive parce ce que juive, alors que l’autre affaire concerne (c’est pas rien !) la sortie un peu prématurée d’une femme voilée d’un endroit public… Ce dernier cas est quand même bien plus grave et nous devrions comprendre le tollé, les manifestations et les pétitions contre l’«islamophobie» qui suivirent cette, ô combien,  douloureuse histoire…

Remercions tout de même les quelques dizaines d’intellectuels (très majoritairement non Juifs) et les deux journalistes qui se sont levés pour dénoncer le silence complice des medias et les décisions iniques de cette justice-du-mur-des-cons qui a depuis longtemps choisi son camp…

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Publié dans France, justice
4 commentaires pour “Si Sarah Halimi s’était appelée Malika Ashraoui… Frédéric Sroussi
  1. Amouyal dit :

    Notez que des sarah Halimi françaises et chretiennes sont nombreuses , malheureusement les possedants de ce pays ont noué une alliance strategique avec l extreme gauche et les islamistes pour garder le controle d un pays qui leur echappe . Les victimes des assassins musulmans n ont ni nom ni visage , et paradoxalement seule la communauté juive reagit encore , plus ou moins , aux crimes islamistes

  2. andre dit :

    La notion de « bouffee delirante aigue » qui a conduit les juges d’instruction a tenter (la partie n’est pas encore jouee) d’empecher que la justice, ou la verite, se fasse, consiste a isoler la phase ultime d’un acte criminel, ignorant tout ce qui l’entoure. Or, une bouffee delirante aigue ne se produirait pas chez vous ou moi, meme si, ce qu’a Dieu ne plaise, nous nous mettions a consommer du hashish. Une telle horreur ne peut se produire que dans un cerveau prepare. Or, depuis quelques annees, toute la vie de Traore etait consacree a une passion religieuse et
    a l’obsession antisemite qui en resultait. Aller au-dela de l’exact laps de temps au cours duquel un crime est commis est constant en droit criminel, et la recherche de la premeditation (qui n’est pas toujours exactement celle de l’acte qui a finalement ete commis) est essentielle.

    Vous avez raison d’evoquer le « Mur des Cons ». La magistrature francaise actuelle, si fiere de son « independance », est en fait sous les ordres de deux maitres: le pouvoir, et son propre syndicat, d’extreme gauche bien entendu. Pour ce qui concerne le pouvoir dans la presente affaire, on ne peut que soupconner son intervention dans l’absence d’ordre d’intervenir aux 28 policiers presents pendant des dizaines de minutes dans l’immeuble, appeles par des voisins temoins des cris de douleur de la victime. On peut aussi se poser le question de savoir si, plus qu’une absence d’ordre d’intervenir, il y aurait eu un ordre de ne pas le faire. Quoiqu’il en soit, la Nation ne peut qu’etre ebranlee dans sa confiance envers les institutions les plus importantes de la Republique par le refus d’eclaircir pour quelle raison, alors qu’une femme etait torturee, il a ete decide de ne pas lui porter secours.

  3. Sabbagh dit :

    Excellent article. À rapprocher de l’interessante citation d’un propos de Najat Vallaud-Belkacem en juillet lors du séminaire gouvernemental sur la sécurité du 23 juillet 2016. « L’attentat de Nice est le premier attentat en France au cours duquel des enfants ont été tués », a-t-elle ainsi déclaré. ( Canard Enchaîné /Atlantico). Visiblement rien ne s’est passé à Toulouse en 2012…

    • Excellent article, en effet, clair et précis.
      Quant à Najat Vallaud Belcacem, elle n’a à aucun moment prouvé ses compétences comme Ministre. A vrai dire, elle y était nulle, et c’est ici l’occasion de féliciter au contraire le Ministre qui lui a succédé : Jean-Michel Blanquer, toujours en fonction.

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