Abbas joue avec le feu et Macron au double jeu, par Freddy Eytan

La dernière résolution de l’Assemblée générale de l’ONU sur Jérusalem est avant tout une intervention grotesque dans les affaires intérieures d’un Etat souverain. Israël a le droit de choisir sa capitale et les Etats-Unis ont aussi le droit de la reconnaître, d’autant plus qu’il s’agit d’un décret approuvé déjà en 1995 par le Congrès américain.

Benjamin Nétanyahou a été reçu par le Président français à l’Elysée le 10 décembre (photo GPO)

Cette résolution n’est pas contraignante, et elle n’est pas non plus une victoire palestinienne puisque rien ne change sur le terrain. Cette résolution est sans doute un camouflet pour le Président Trump mais elle ne changera en rien sa décision sur Jérusalem et le transfert prévu de l’ambassade.

Le vote massif et automatique contre Israël n’est pas nouveau à l’ONU. Le bloc arabo-musulman pourrait proposer n’importe quelle résolution absurde, telle que « la Terre est désormais plate », que « le soleil tourne autour de notre planète », ou que « le peuple juif est une invention des sionistes ». Tout est possible, chez eux, le monde va à l’envers et le mensonge est roi.

Depuis longtemps, l’ONU a perdu toute confiance et crédibilité. Les Nations-Unies n’ont jamais réussi à atteindre leurs objectifs, ni à instaurer la paix dans région. L’ONU bafoue quotidiennement les principes fondamentaux, sa vocation et sa raison d’être. Dans son enceinte, on ne peut compter, sur les 193 Etats représentés, que sur une quarantaine ayant des régimes vraiment démocratiques.

Cependant, le dernier vote prouve que les efforts diplomatiques et certaines « menaces » portent leurs fruits puisque 65 pays, dont plusieurs européens, n’ont pas voté cette absurde résolution qui condamne injustement les Etats-Unis et Israël. Il est clair que la donne a bien changé au Palais des verres, mais il est aussi fort probable que le Président Trump décidera un jour de couper complètement les vivres et de quitter cette organisation. Le retrait des Américains et des Israéliens de l’UNESCO plonge déjà l’ONU dans l’ignorance du savoir et de l’impuissance morale et politique. Un transfert du « machin » à Genève ou à Paris serait alors même envisageable.

Dans ce contexte, il est fort regrettable de constater le double jeu de la France.  Le Président Macron affirme qu’il souhaite être à la fois l’ami des Palestiniens et des Israéliens mais, en même temps, agit dans les coulisses pour obtenir un consensus de l’Union européenne sur la question de Jérusalem. La France ne peut jouer le rôle de la Suisse. Elle n’est pas neutre dans ce conflit puisqu’elle a pris nettement position. Macron ne veut pas jouer l’intermédiaire mais condamne les Etats-Unis. Certes, on peut être en désaccord sur une politique adoptée, s’abstenir lors d’un vote, mais pas condamner un allié fidèle et incontournable pour satisfaire les Palestiniens, les Turcs et les Iraniens, ou une population musulmane locale, cela n’est pas du bon sens et dépasse l’entendement.

Rappelons que l’Amérique n’a jamais été un Etat colonialiste comme le fut la France. Les Etats-Unis n’ont pas conquis et exploité des territoires au-delà de leurs frontières. Leurs bases lointaines n’étaient que pour rassurer les populations, et stabiliser les régions en conflit. D’ailleurs, les Américains l’ont payé très cher notamment dans leur intervention au Vietnam. Depuis la Première Guerre mondiale, ils ont sacrifié des centaines de milliers de soldats, et mobilisé des fonds pour de justes causes. Ils ont combattu contre les grands fléaux de ce monde, contre le nazisme, le communisme, le totalitarisme et le terrorisme. Comment oublier ces années sombres, quand les Américains sont venus au secours de la France ? Comment oublier la libération de la France et de l’Afrique du Nord pétainistes, de l’esclavage ? Le fameux plan Marshall ? Où est-elle cette reconnaissance ? N’est-elle pas ancrée à jamais chez les leaders français ? Pourquoi cette ingratitude européenne ?

Après avoir reçu Nétanyahou à l’Elysée, le Président Macron s’est précipité pour recevoir le roi Abdallah et Mahmoud Abbas. Il affirme que la Jordanie (royaume musulman) est gardienne des lieux saints de la ville de Jérusalem. A la veille de Noël, et bizarrement, le représentant de la fille ainée de l’Eglise ne mentionne pas quels sont les sites, et ne précise pas non plus s’il s’agit de sites musulmans, chrétiens ou juifs. Il n’a pas non plus dit au roi jordanien et à Abbas leurs quatre vérités en rappelant le lien indéniable des Juifs à Jérusalem, qui remonte bien avant les Musulmans et les Croisés.

Macron est fort favorable au maintien du statu quo, mais ne rappelle pas que c’est bien Israël qui depuis 1967 sauvegarde tous les lieux saints. Qui d’autre peut assurer le culte au Saint Sépulcre ? Le Hamas ou Daesh ?

Il est convaincu que Jérusalem ne peut être séparé du règlement global et déclare que la paix ne peut exister que par la négociation entre les deux parties. Il affirme que la France pourrait faciliter et aider mais qu’elle ne pourrait se substituer. Dans la même veine, Macron demeure plutôt prudent et ne prend aucun risque quand il affirme, contrairement au gouvernement Hollande-Fabius, qu’il n’y aura pas de reconnaissance unilatérale de l’Etat de Palestine, ni initiative française ou européenne pour sortir de l’impasse. A l’entendre, nous restons complètement dans le brouillard. Mais que veut justement le gouvernement français ?

Pourquoi Macron n’a-t-il pas lancé à cette occasion et devant Abbas un appel solennel au calme et un retour sans condition à la table des négociations ? Pourquoi n’a-t-il pas condamné explicitement les tirs de roquettes, les menaces et les violences du Hamas et du Fatah à Jérusalem, et dans les Territoires ? Pourquoi n’a-t-il condamné que la colonisation ? N’a-t-il pas critiqué les propos d’Abbas sur son refus catégorique de voir les Etats-Unis servir d’intermédiaire ? Et ce, au moment où Macron lui-même affirme qu’il attend impatiemment une initiative de Trump ?

Si la France souhaite un jour jouer un rôle efficace et crédible pour régler le conflit, elle doit tout d’abord avoir une politique claire et transparente et ne plus jouer de double jeu. Elle devrait se joindre aux efforts américains, et ne pas les condamner, mais surtout elle doit avertir Abbas ne plus jouer avec le feu. Ne plus provoquer les Israéliens et le Président Trump, et lui dire de se mettre rapidement à la table des négociations sans aucune condition préalable.

Freddy Eytan

Source jcpa-lecape

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Publié dans france israel
4 commentaires pour “Abbas joue avec le feu et Macron au double jeu, par Freddy Eytan
  1. Jg dit :

    La france n existe que dans sa capacite de nuisance !

    • En effet, Jg. La nuisance suprême de la France, visant Israël, date de la déclaration fort nuisible de l’orgueuilleux et méprisant Général de Gaulle qui lança en 1967, devant plusieurs dizaines de journalistes français et étrangers rassemblés à sa conférence de presse, une diatribe traitant les Juifs de « peuple fier, sûr de lui et dominateur ». Et ce, une petite douzaine d’années seulement après l’inénarrable Shoah.
      C’est à partir de là, d’ailleurs, que la sympathie du peuple français envers Israël a été déviée en direction des Arabo-Palestiniens, lesquels surent en profiter, durablement à ce jour, de façon magitrale.

  2. Andre dit :

    La France est devenue depuis la perte de ses colonies, un pays équivalent à la Belgique et encore !Je pense que la Belgique est encore plus sérieuse dans ses comportements et ses capacités.

  3. OLIVIER COMTE dit :

    La France est un pays,une République et une Nation. Freddy Eytan condamne justement la position hypocrite du gouvernement Français, non la France. M. Macron, devenu grand diplomate migrateur a tort de trop insister sur la déclaration du roi de Jordanie qui a toujours lié la protection des Lieux Saints et l’établissement de la capitale d’une Palestine à Jérusalem, ce qui ne peut être une position cohérente de la France.

    Les Catholiques Français ont toujours des sujets de friction avec le gouvernement Israëlien et il n’est pas souhaitable de trop parler de protection des Lieux Saints. Comme les Juifs de France qui se rappellent la lutte victorieuse pour l’établissement de Jérusalem capitale d’Israël, les Catholiques de France ont des souvenirs, mais des mauvais souvenirs d’une succession de défaites imposées par l’empire Ottoman, les Britanniques, les Italiens, le Vatican,le rival ancestral chrétien Grec, enfin Israël. Il reste la protection Française d’une quarantaine de congrégations et d’environ 130 établissements, plus la propriété entière de quatre lieux.
    Le scandaleux faux-pas des éditions Bayard peut être le fait de cette nervosité traditionnelle.

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