Un café avec… André Feingold et Daniel Sarberg, du B’nai B’rith Deauville-Jérusalem, par Sarah Cattan

Je voulais à mon tour aller voir Du côté de chez Sw… Non Non Lecteur, du côté des Juifs de Deauville. Philippe Augier, Maire de la station balnéaire, me donna 3 pistes : la syna. Les loubavitch. Le B’nai B’rith Normandie.

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Moi, Lecteur, tu commences à m’connaître : je m’suis dit : commençons par le B’nai B’rith. Si ils veulent bien.

Ils m’ont dit oui et m’ont donné le choix pour notre première rencontre :

Au cours d’une sortie en bateau.

Dans un café.

Chez le Président himself.

1-2-3- Ce fut le café, où j’ai donc rencontré le Président de la Loge Deauville Jérusalem André Feingold accompagné de son 1er Vice-Président, Daniel Sarberg.

En les quittant, je m’étais fait deux amis. Une preuve ? Ils nous avaient conviés, ma bande et moi, à leur prochaine Tenue et au dîner qui devaient suivre. Officiellement, c’était Pour le reportage de TJ. En vrai, ce fut une immersion chez des gens formidables.

D’entrée, d’un ton un brin solennel qu’il quitta rapidement, André Feingold me fit la genèse du B’nai B’rith : « On dit que le B’nai B’rith c’est la franc-maçonnerie juive : c’est grandement faux. En 1843, en Autriche à Vienne, une douzaine de Juifs viennois demandèrent à être reçus francs-maçons. On leur dit Non : Vous êtes Juifs, On vous veut pas ! »

C’était l’époque où le mot Juif était chargé d’indignité. Les voilà partis aux Etats-Unis. A Washington. Les revoilà frappant à la porte d’une obédience maçonnique. Laquelle s’avère œcuménique. On leur explique qu’une obédience maçonnique juive, ça n’avait jamais existé depuis 1717.

« Qu’à cela ne tienne, nous allons créer la première obédience franc-maçonne juive dans le monde », décidèrent nos viennois. Ils commencèrent à travailler au même rythme que tous les autres Francs-Maçons. Sans particularité. Observant les différents rituels.

C’était l’époque où immigraient d’Europe centrale des Juifs pourchassés des pogroms et qui entendaient dire que des Juifs s’étaient installés à Washington Et que sans doute ils les aideraient : Question de fraternité naturelle.

Comme les migrants d’aujourd’hui. Mais avec des connexions communautaires

Mais y en avait tant et tant d’émigrants, qu’ils n’avaient plus le temps de pratiquer leur maçonnerie normale. Ils décidèrent donc d’interrompre leur volonté de recherche maçonnique pour se mettre exclusivement au service des Juifs arrivés d’Europe centrale. Ils transformèrent leurs Loges maçonniques en Loges spécifiquement destinées à l’entraide. Gardant toutefois quelques mots, quelques gestes, quelques petites choses de la FM, tout doucement, quelques aspects des rituels qui, à leur sens, – et ils avaient raison-, n’allaient pas à l’encontre de la religion.

Restèrent donc les mots Loge. Se mettre à l’Ordre. Frère. Sœur. Très peu de choses en somme. Un rituel d’ouverture et un rituel de fermeture dirigé par le Président de la Loge.

Par exemple, il existe un rituel pour allumer la Ménorah.

Ils décidèrent de s’appeler B’nai B’rith ou Fils de l’Alliance.

 De 1843 à 1848, les Loges du B’nai B’rith essaimèrent un peu partout dans le monde, arrivant à 2500 Loges aujourd’hui, dont 70 en France, réparties dans les points les plus importants, l’Est, la Normandie ou encore Paris et ses 17 Loges, PACA-Cote d’Azur, Rhône-Alpes, Bordeaux, …

Le B’nai B’rith Normandie Deauville-Jérusalem :               « Une bande de potes et la volonté de fédérer »

« Nous avons ouvert notre Loge il y a 5 ans et demi et aujourd’hui, on peut le dire avec fierté, nous avons réussi à devenir une des plus grande Loge de France. »

En vrai, ils sont modestes, mes 2 nouveaux amis : ils sont à la tête de la plus grosse Loge de France. ( J’ai vérifié )

« Le B’nai B’rith je ne le connaissais pas il y a 5 ans et demi. Arrivé ici je me suis dit : Il faut qu’on fasse quelque chose pour que nous puissions être ensemble. Notre point de départ fut la fédération.  

A Deauville, avant que le B’nai B’rith ne fût créé, il n’y avait pas de vie associative juive. On se croisait par hasard. Aujourd’hui nous sommes une centaine de membres. Moitié résidents. Moitié parisiens. Oui, une certaine forme d’Alya. »

Une Tenue par mois

C’est leur credo : une association ni politique, ni religieuse, par définition. « Ici sont ceux qui ont demandé leur adhésion et que notre Bureau a validés après avoir mené une enquête »

Une Loge différente : « on est les seuls au monde à faire ce qu’on fait »

Deux mots-clés : Culture et Entraide

Dans leur Loge, ils développent deux grands axes : la culture juive, et l’aide aux démunis. Par exemple : aide aux étudiants de la région, aide aux démunis de la région pour lesquels on remplit les frigidaires, aide aux indigents du Havre et de Caen. Ils se sont rendu compte de l’importance des demandes émanant d’Israël : ils ont aidé une Loge qui avait des problèmes financiers pour ouvrir des établissements de protection pour les enfants.

Ils m’expliquent que oui, ça rejoint un peu la Wizo : Sauf que la Wizo n’aide que des actions en faveur d’Israël. J’apprends par hasard que Nadine Feingold est la responsable nationale pour les événements de Wizo France.

Une vie associative riche

des Sœurs et des Frères à l’écoute et à l’Ordre

Chaque année ils organisent une compétition de golf et aussi un tournoi de bridge et de gin- rami. Chaque été des barbecues les réunissent. « On a également, instauré, de manière totalement informelle, des shabbat le vendredi soir. On ne sait pas combien on sera. Là on sera 12. Ce sera chez moi ce soir. Avant on ne faisait pas forcément shabbat et c’est l’occasion de transmettre les traditions aux petits-enfants qui viennent souvent voir les grands-parents. Nous sommes tous devenus une bande de copains. On est obligés de limiter : on se retrouverait vite à 90.

C’est amical. On allume deux bougies. Une prière pour le vin. Une prière pour le pain. On retire les kippas. Et c’est fini. Nous ne mangeons pas casher. Nous sommes laïques.

On a créé une vie. Une vie associative. Et surtout pas une vie communautariste.

A ma question de savoir si le B’nai B’rith Deauville-Jérusalem n’acceptait que des Juifs, les deux amis me répondent : « cette question reste la décision du Bureau. Nous sommes très ouverts vers l’extérieur. Nous admettons volontiers des couples mixtes, nous invitons aussi l’Association France-Israël Normandie : s’ils soutiennent très fortement Israël, ils ne sont pas Juifs. Nous participons également à leurs réunions « 

 L’expansion et le succès de la Loge Deauville Jérusalem sont favorisés par la situation géographique toute particulière de Normandie, à 200 km de Paris et joue en leur faveur : « si nous avions été à Rennes ou à Brest, c’eût été complètement différent ». Mais ils doivent bien convenir que si leur Loge explose, c’est parce qu’ils font des choses que les autres ne font pas.

Leur Bureau et leur journal : L’Alliance de Normandie

à gauche, Henri Melnik, Trésorier de la Loge, à droite, Bernard Lament, 2ème Vice-Président

Leur Bureau est composé de 5 personnes : Un trésorier. Une secrétaire générale. 2 Vice-Présidents et le Président.

à gauche du Président Daniel Sarberg, 1er Vice-Président de la Loge et à droite, Haïm Musicant, Vice-Président national du BBF

Ce Bureau Directeur se réunit tous les mois et décide de toutes les orientations à prendre afin de satisfaire l’ensemble des Membres de la Loge. Les Membres du Bureau participent aux diverses Commissions d’Ile de France… voire nationales. Comment financent-ils leur fonctionnement ? Simplement par l’ensemble des cotisations annuelles et parfois par des dons extérieurs. En aucune façon ils ne sont demandeurs d’aucun financement public.

Eh oui Lecteur : André et Daniel, ils ont la grâce !

Leur spécificité, leur intelligence, leur modernité

Leur Loge est construite et dotée de leur propre réglementation à travers une Charte agréée par le B’nai B’rith France.

Leur chance est que le B’nai B’rith international a décidé que les Loges seraient souveraines et indépendantes.

La moyenne d’âge de leur Loge est un de leur sujet de réflexion. C’est à cette fin qu’ils veulent mettre en place ce projet : initier des jeunes de 16 à 25 ans, petits-enfants ou enfants de leurs Membres, qui ne paieront pas de cotisation. Auxquels les repas seront offerts. Une fois initiés, ils viendront si ils veulent et quand ils voudront. La carte d’identité qui leur sera délivrée leur permettra l’accès en tant qu’invités à toutes les Loges du monde : Il nous faut des jeunes qui nous fassent bénéficier de leur expérience.

Ils invitent également des orateurs extérieurs : journalistes, écrivains, réalisateurs de cinéma, chercheurs du domaine médical, philosophes de renommée internationale, rabbins de toutes tendances, Survivants de la Shoah viennent témoigner d’un passé qu’il ne faut pas oublier, et enfin des « pilpouls » avec les Membres amènent du « piquant » aux Tenues. Les directeurs de l’OSE et de l’ORT sont venus parler de leurs Institutions, les Membres de leur Loge font également des exposés, ils organisent des expositions – celle des photos deauvillaises de Patrick Braoudé a eu un vif succès – mais aussi des visites : des vestiges de Rouen de la première synagogue en Normandie, les plages du débarquement, le dernier rallye leur a permis de découvrir le bocage normand… l’imagination des Membres du Bureau est débordante.

dédicaces de JP Allali, et Haïm Musicant, Co-Auteurs du livre « 70 Figures d’Israël, 1948-2018 »

En bref, la Loge Deauville Jérusalem est pour le moins très éclectique et ce n’est pas par hasard qu’on y vient !

Leur journal est trimestriel, un « Mot du Président » est à la Une de la publication « L’Alliance de Normandie ». En 2018, le Président André Feingold, à l’approche de la commémoration des 70 ans de la création de l’Etat d’Israël, souhaitait à l’Etat d’Israël de prendre les décisions avec sagesse et fermeté pour chercher et trouver les solutions de paix dans la sécurité.

Un « Ours » présente l’équipe, de la Maréchale au porte-bannière, la Maître de Cérémonies, au Mentor et à la spécialiste en géopolitique en liaison avec Israël……

Un « Marronnier » rappelle le fil des saisons. La date des prochaines Tenues est annoncée mais aussi les anniversaires.

Une petite règle de conduite au sujet des accusés de réception des courriels est préconisée.

Est annoncé tout ce qui est en préparation, des grands événements ouverts à TOUS au rallyes, expos et autres barbecues. De ci, de là, des définitions sont rappelées… Ici, la différence entre Ménorah et Hannoukia, et surtout des nombreux reportages photos relatant largement les instants forts et conviviaux des réunions.

Un comité de lecture conseille ici le dernier Irvin Yalom pendant que la commission Tsedaka fait son rapport.

Le Bureau National du B’nai B’rith France et La Commission Israël remercient les donateurs à Urgence Israël.

La rubrique Les bonnes idées de Chantal côtoie l’espace philatélie d’Israël de Daniel Weisberg.

What’s new in Deauville vous raconte tout, puis s’élargit à What’s new in Normandie mais aussi What’s new in Israël. Enfin, What’s new in Capitale propose un tour des Loges parisiennes.

Nadine Feingold, Commission Relations Inter-Associations aux cotés de Daniel Weisberg, Responsable « philatélie des timbres d’Israël »

Des petites annonces, gratuites entre Membres de la Loge, proposent du co-voiturage, des aides en cas de « coup de blues », mais aussi le prêt d’une échelle ou l’annonce du Festival du Film américain, mais aussi l’échange de recettes de cuisine…. Pour exemple, à une de mes amies qui demanda pourquoi diable elle s’inscrirait ici, il fut répondu sobrement : Vous ne serez plus jamais seule.

Bref. Dans L’Alliance, Jacqueline Chekler raconte, photos à l’appui, le succès du grand barbecue annuel. Un article sur « Les Ashkénazes et leurs noms » suivra un coup de gueule au moment du vote négationniste de l’UNESCO : « Touche pas à mon mur. »

Un billet de Nadine Feingold, Responsable des Evénements Wizo France et responsable de la Commission Inter-Associations de la Loge, parlera de la pièce de théâtre « Pour en finir avec la question juive » de Jean-Claude Grumberg mais aussi du film d’Yvan Attal, et des propositions pour venir jouer au scrabble.

La Culture générale n’est pas en reste : de Marcel Marceau à l’historien Jacob Katz et son « Hors du ghetto » ou encore son « Wagner ou la question juive », en passant par « L’insulte », du libanais Ziad Doueiri, proposé à la lecture.

Un Plein feu sur Les relations parents/enfants en Israël. Une chronique musicale présente Michaël Levinas, fils du philosophe. Une Formations aux gestes qui sauvent est annoncée, organisée par la Loge Marinette Artman de Boulogne.

Des débats sont lancés : « La liberté d’expression, … Jusqu’où. »

Le Judaïsme face à la modernité bioéthique de Liliane Vana, la GPA, la PMA, l’adoption, l’homosexualité…

Et Le Birobidjan, premier Etat juif de la planète, la saga de l’Histoire de Jérusalem est contée à chaque Tenue, et un hommage à André Akoun par son ami Mohammed Harbi, auteur de « Une Vie debout ».

Un billet de Philippe Meyer, Président national du B’nai B’rith France, célèbre les 70 ans d’Israël : 70 ans de lutte, de combats, de résistance, de victoires, de peurs, de joies, de larmes, de rires, de démocratie, d’accueil, d’intégration, de réussites, de fierté. 70 ans de miracles, de Ben Gourion aux start-ups. A cette occasion, leur Loge a organisé une soirée : 250 convives étaient présents à ce grand événement où le groupe Adama et « Rabbi Jacob » ont animé la soirée, Arlette Nebbot, Membre de Wizo France, a déclamé avec sensibilité le  » Plaidoyer pour ma Terre » de Herbert Pagani, Daniel Hammer, Responsable de l’OSE, a raconté en image l’histoire de la création de l’Etat d’Israël de 1848 à 1948…

Enfin, un mot du Maire Philippe Augier explique combien il apprécie que le B’nai B’rith Deauville-Jérusalem partage les valeurs dont Deauville s’énorgueillit : rencontre et partage, culture et créativité, plaisir et bien-être.

Bienfaisance-Amour Fraternel- Harmonie, c’est leur devise

Emprunte de laïcité, la Loge promet un esprit de villégiature de la Connaissance du Judaïsme, mais toujours lié aux bases constituantes et fondamentales du B’nai B’rith… avec bon sens ! Le B’nai B’rith Normandie nouveau est arrivé. Comment s’intégrer dans une communauté qui ne prônerait pas des valeurs identiques aux nôtres et notamment la tolérance… Et c’est là, qu’à force de tailler notre pierre, nous avons découvert qu’il y a environ 1000 ans un royaume des Juifs était installé en Normandie. Rouen en était la capitale administrative et Bonneville sur Touques le port d’où commerçaient les marins du monde. La Normandie serait-elle notre Terre Promise ? Où nous créerions un havre de paix et d’amitié. Et c’est ainsi que la décision fut prise d’installer à Deauville la 1ère Loge du B’nai B’rith Normandie. Partageons notre judaïsme avec ceux qui ont la sagesse et la tolérance et restons fidèles à notre devise : fédérer. Toujours fédérer. Comment fidéliser la Communauté. Avec un esprit de convivialité toujours lié aux bases fondamentales du B’nai B’rith. Fédérer la Communauté normande par les liens indéfectibles et sincères de tolérance fraternelle.

L’interactivité est présente : tu te demandes ce que tu vas y trouver ? Demande-toi encore ce que tu peux apporter. Et tu en seras, de ce Havre de paix et d’amitié.

Sarah Cattan

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2 commentaires pour “Un café avec… André Feingold et Daniel Sarberg, du B’nai B’rith Deauville-Jérusalem, par Sarah Cattan
  1. Gutkind dit :

    Magnifique article qui relate parfaitement l’état d’esprit des membres du bureau ainsi que celui de la loge
    Merci et bravo !!!!!!

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