La relation à l’autre dans la société française : Pas de dégradation

La seconde étude réalisée par Ipsos pour la Fondation du Judaïsme Français qui portait sur l’évolution de la relation à l’autre au sein de la société française, s’est déroulée dans un contexte profondément bouleversé par les attaques terroristes des deux années passées . . L’étude montre que, tout en restant très élevées, le repli sur soi et la méfiance à l’égard de « l’autre » restent très limitée.

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Le racisme ou les opinions négatives envers l’immigration ne rencontrent quasiment pas plus d’écho en 2016 qu’en 2014. Parallèlement, les préjugés envers la plupart des minorités (juifs, Roms, asiatiques) ont tendance à reculer, souvent de manière assez nette.

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Enfin, on constate que dans leur vie quotidienne, le rapport des Français aux personnes d’origine ou de religions différentes est très serein et ne se dégrade pas.

Globalement, les relations au quotidien entre l’ensemble des Français et leurs concitoyens musulmans ne se sont pas tendues : 61% (+1 point) entretiennent de bonnes relations avec les « personnes de confession musulmane » dans leur vie quotidienne, contre 16% de mauvaises (+2 points). 24% des Français jugent que « la grande majorité des personnes de confession musulmane est bien intégrée », en recul de 3 points.

Toutefois, sur deux aspects, on note une progression sensible des crispations qui tranche dans ce climat relativement serein. Tout d’abord, la visibilité de l’islam dans l’espace public pose plus problème qu’en 2014 : le rejet du voile intégral (87%, +4) ou des « tenues traditionnelles » musulmanes pour les hommes (52%, +4) se renforce, et les « accommodements » possibles entre l’islam et la République (la construction de mosquées par exemple) font de moins en moins consensus.

Le contexte d’attaques terroristes a aussi affecté la perception de la minorité  juive par les Français.

Certes, les préjugés et les idées-reçues antisémites restent très largement répandues dans le grand public, mais cette adhésion régresse parfois sensiblement : 57% des personnes interrogées pensent que « les juifs sont plus attachés à Israël qu’à la France » (-1), 51% que « globalement, les juifs sont plus riches que la moyenne des Français » (-5), 49% qu’ils ont « beaucoup de pouvoir » (-7), etc.

Parallèlement, une très grande majorité des personnes interrogées (89%) continue à penser que les juifs sont bien intégrés en France.

Surtout, à la faveur des attentats, on constate dans l’opinion une empathie accrue envers les craintes ressenties par les juifs : 51% des Français considèrent désormais que les juifs ont « des raisons d’avoir des craintes de vivre en France », un chiffre en hausse de 16 points par rapport à 2014.

De même, le départ de Français juifs pour l’étranger est un phénomène beaucoup mieux appréhendé qu’il y a deux ans (26% le jugent « massif » ou « important », +8 points), et il est désormais fréquemment perçu comme lié à la montée de l’antisémitisme : 70% des Français pensent que les juifs qui émigrent en Israël le font « par crainte de la montée de l’antisémitisme » (+29 points).

C’est le niveau de diplôme qui semble être le facteur le plus explicatif de l’adhésion aux préjugés ou du rejet des minorités.

Etant donné la corrélation entre le vote et la position sociale, on trouve sans surprise une dimension politique très forte à ce rejet. Ainsi, les sympathisants du FN et dans une moindre mesure ceux de la droite modérée sont plus enclins à faire état d’attitudes et de comportements méfiants voire hostiles à l’égard de l’« autre ».

Une logique sociale qui est d’ailleurs la même quelle que soit les minorités qui sont testées : ce sont les mêmes catégories, et très probablement les mêmes individus qui rejettent les musulmans, les juifs, les Roms, les homosexuels, etc.

1 Ipsos a interrogé en ligne un échantillon de 1400 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas appliquée au sexe, à l’âge, à la profession de la personne de référence, à la région et à la catégorie d’agglomération, dont 562 jeunes âgés de 18 à 30 ans.

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Un commentaire pour “La relation à l’autre dans la société française : Pas de dégradation
  1. André dit :

    49% des français pensent que les juifs ont « beaucoup de pouvoir »… c’est beaucoup ça aussi, 49%. Mais on ne sait jamais de quel pouvoir il s’agit ni comment il se concrétise.

    Politique ? je vois beaucoup de Giscard d’Estaing, de Mitterrand, de Chirac, de Sarkosy, de Fillon, de Valls, de Hollande, de Juppée etc… et somme toute peu de Cohen. Ou alors le juif en politique, genre Hamon, doit montrer patte blanche et se déclarer « universaliste » ou « internationalise » et ne jamais, jamais, montrer une once d’empathie avec Israël ou la synagogue… En revanche avec la « Palestine » c’est hautement recommandé !

    Économique ? les juifs travaillent et font en général de bonnes études, mais en étant moins de 1% de la population leur poids économique est en réalité faible. Tous les juifs ne s’appellent pas Rothschild.

    Médiatique et intellectuel ? quand on voit comment le judaïsme et Israël sont traités dans les universités et les grands médias publics et privés, c’est-à-dire avec mépris ou condescendance, on voit bien qu’au fond un BHL, un Zemmour ou un Finkielkraut ne pèsent pas lourd…

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