Les lois de l’abstraction de Kupka s’exposent au Grand Palais

Le Grand Palais à Paris consacre une rétrospective à Frantisek Kupka, figure majeure de l’art moderne.

Philosophie, ésotérisme, littérature, sciences… Frantisek Kupka (1871-1957) était un homme curieux de tout. Un Bibliomane, comme il titra un de ses tableaux de jeunesse, lorsque, étudiant d’origine modeste, il suivait les cours des Beaux-Arts de Prague, puis de Vienne. En Autriche, il exerce comme medium pour payer ses études. Il devient également végétarien et adepte d’une vie saine et de naturisme. Sa quête transparaît dans ses tableaux symbolistes comme ce Rêve, toute petite toile où deux corps astraux sortent de personnages couchés dans l’obscurité : lui et sa femme Eugénie. Ce besoin d’élévation se retrouve aussi dans ses œuvres postérieures réalisées à Paris à partir de 1912. Des nuées de couleurs baroques, psychédéliques avant l’heure, ou des colonnes striant l’espace comme en lévitation.

« Kupka peut paraître déconcertant car il est en perpétuelle recherche », dit Pierre Brullé, l’un des commissaires de l’exposition du Grand ­Palais avec Brigitte Léal. Symboliste à ses débuts, caricaturiste pour gagner sa vie, peintre à temps plein à partir de 1906, lorsqu’il commence sa série de portraits expressionnistes de filles des rues aux lèvres rouges, puis continuant à explorer le potentiel de la couleur avec sa magnifique Eau (la baigneuse) (1906-1909) ou son Portrait de famille (1910) évoquant le fauvisme.

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L’obsession de la couleur

Plusieurs toiles mêlent ensuite figuration et abstraction, telles ces touches de piano s’envolant vers un paysage de lac (1909). Puis c’est le saut dans l’abstraction, dans l’orphisme avec ces combinaisons de cercles multicolores à la Delaunay (mais avant Delaunay!) ou ces verticales épurées. L’artiste rejetait les étiquettes, à commencer par le mot abstraction. « Pour lui, la peinture était toujours concrète. »

Deux de ces premières toiles abstraites, qui firent scandale en 1912, font référence à l’art de la fugue de Bach, qu’il vénérait. Kupka travaille, lui aussi, sur le rythme, découpe le mouvement en plans syncopés. Dans les années 1930, il peint des toiles avec des rouages : un machinisme influencé par le jazz. Comme en musique, il joue sur des accords de couleurs, son obsession. Mauve, rouge, jaune, bleu, noir, il fait exploser toute la gamme. Toujours dans une quête intérieure, comme il l’a écrit : « Le sens des couleurs se trouve en vous-même. C’est là qu’il faut aller le chercher. »

« Kupka, pionnier de l’abstraction », au Grand Palais (Paris) du 21 mars au 30 juillet.

Source jdd

Le Cantique des Cantiques – שיר השירים

En 1905, Kupka illustre le Cantique des Cantiques de Jean Bonnefon, et commence l’illustration de la version hébraïque, שיר השירים. Il poursuit l’élaboration de ce second cantique jusquen 1909, mais le laisse inachevé.En 1919, il fait la connaissance de Jindrich Waldes, industriel tchèque qui devient son mécène, et avec lequel il restera toujours lié. L’artiste cède à Waldes un ensemble de 134 dessins pour le Cantique des Cantiques. Après des années et des ajournements répétés, le Cantique des Cantiques illustré par Kupka est publié sous sa forme définitive en 1931.
Les 134 sont aujourd’hui conservées au MAHJ, et le Cantique des Cantiques de Kupka a été réédité en 2005, par le MAHJ. Ce magnifique ouvrage est hélas épuisé, mais vous pouvez encore vous le procurer sur ebay

 

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Publié dans Art

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