Quand un barbare tue la juive Sarah Halimi, par Sarah Cattan

L’assassinat de Sarah Halimi. Toi Lecteur tu sais à présent de quoi je te parle. Sache pourtant qu’ils sont nombreux encore ceux qui ignorent cette affaire que tant d’efforts confluent pour la faire passer pour un fait divers. Un non événement en somme. Et qu’ils sont nombreux, ceux qui s’y intéressèrent lorsque notre Président, récemment, y fit allusion : Sarah Halimi ? Quoi ? Qu’est-ce ?

L’assassinat de Sarah Halimi : sache que c’est par l’AFP que les Parties Civiles apprirent lundi 10 juillet au soir la mise en examen de Kobili Traoré pour homicide volontaire sur Sarah Halimi, dont on sait aujourd’hui trop bien les circonstances barbares de la mort, puisque celle que des media peu au courant persistent à appeler la retraitée ou la vieille femme a été assassinée, en direct, dans la nuit du 3 au 4 avril dernier, violemment frappée qu’elle fut à coups de combiné de téléphone pour finir défenestrée vivante.

7 pages le résument l’interrogatoire du barbare par une juge d’instruction qui a bien du s’y résoudre, à aller l’entendre, en attendant que vînt enfin la conclusion de l’expert psychiatre Zaguri, qui devra rendre ses conclusions avant le 22 aout. 4 mois pour dire si le sauvage qui a assassiné de façon préméditée sa victime qu’il savait juive orthodoxe était en pleine possession de ses moyens. Autant de temps pour persister dans le déni et ne pas nommer les chefs de mises en examen qui, aux yeux de la France entière, s’imposent.

Car, s’ils sont nombreux les paramètres atypiques et extra-ordinaires de cette affaire, de la non-intervention des 28 policiers pendant les 70 minutes que dura le calvaire de Sarah à la barbarie et au lynchage qui l’accompagnèrent, il en est d’autres, des scandales en la mort de Sarah, du silence oppressant qui l’entoura au caractère terroriste de son assassinat en passant par la circonstance aggravante d’antisémitisme que la Justice ne crut pas bon de retenir.

Alors il en va de chacun  selon sa personnalité et si les différents avocats qui aujourd’hui gèrent le dossier bleu semblent ne pas travailler de concert et , à tout le moins , adopter chacun la stratégie qu’il a jugée la plus efficace, alors que deux d’entre eux invitent des media peu empressés à des Conférences de presse, Maître Buchinger étant même mardi dernier accompagné d’un conseiller en communication, voilà que l’une des parties civiles, Maître David-Olivier Kaminski, réclame officiellement au procureur et aux juges d’instruction la reconnaissance du caractère antisémite du meurtre de Sarah Halimi.

Avocat du fils de la victime, il a adressé deux courriers[1] au procureur de la République et aux deux juges d’instruction en charge du dossier : Comment pouvez-vous sincèrement présumer que la circonstance aggravante d’antisémitisme serait à ce point inexistante du dossier, sans le moindre indice grave ou concordant pour ne pas prendre de réquisitions écrites en ce sens ?, s’insurge Maître Kaminski, qui écrit au Procureur de la République qu’aujourd’hui, il s’agit d’un véritable déni d’action publique, et l’appelle à faire le nécessaire et à prendre toutes les réquisitions utiles en vue d’un réquisitoire supplétif incluant la circonstance aggravant d’antisémitisme, supposé qu’il est de représenter les intérêts de la société.

S’adressant aux Juges d’instruction, David-Olivier Kaminski s’étonne que l’expertise psychiatrique du suspect n’ait pas été communiquée aux parties civiles et s’interroge sur le fait que l’assassin, alors qu’il a été jugé apte à être entendu et qu’il fut ensuite mis en examen, soit encore en psychiatrie au lieu d’être l’objet d’une mise à l’écrou.

Qu’a fait Kaminski que ses collègues n’aient point fait ? Rien. Chacun en cette affaire joue sa partition en attendant la bonne volonté de cette juge d’instruction qui traînerait des pieds, et, en somme, en attendant que François Mollins, tenu, mais tenu par quoi ou par qui, change son fusil d’épaule et cesse de considérer qu’il s’agit là d’une affaire criminelle lambda.

Voilà où nous en sommes : Maître Goldnadel y est allé de sa plainte contre l’IGPN quand Maître Buchinger a cru devoir choisir une demande d’actes et que Maître Kaminski en appelle à la presse. Maître Szpiner, toujours silencieux, qu’allez-vous faire de tout ça ? A tout le moins allez-vous , tous, nous dire d’où vient cette gêne qui vient s’ajouter à la honte qu’un Juif, en 2017, meure encore en France.

L’affaire odieuse en somme mérite-t-elle en outre que la famille de la victime soit ainsi promenée, sommée d’attendre que la Justice le fasse, son travail. L’affaire, redisons-le, pullulant d’indices qui auraient permis de la traiter judiciairement dans les diverses dimensions qui l’émaillent, qu’il en aille de la dimension terroriste à l’intention antisémite.

Pour info, rappelons que la Mosquée de la rue Jean-Pierre Timbaud fut déjà au centre d’un procès retentissant, accusée qu’elle fut d’avoir abrité une cellule de djihadistes qui communiquèrent à l’aise à travers sa boite mail, leurs courriers bien abrités dans le dossier brouillons.

Rappelons encore que Maître Buchinger demande qu’elle soit expertisée, la tablette de l’assassin, et qu’enfin soient entendus tous les acteurs supposés défendre la citoyenne qu’était Sarah, afin qu’ils nous expliquent comment un Juif peut être sorti de son lit et mourir défenestré en plein Paris au XXIème siècle, aux yeux de tous.

Qu’on oppose les faits aux élucubrations décidément très travaillées de l’assassin qui prétend avoir été mu par une force obscure qui le mena, à 4 heures du matin, au chevet de cette juive, lui qui n’était en rien, vous l’aurez compris, antisémite.

[1] Le Parisien/Aujourd’hui en France a pu consulter ces courriers.

Sarah Cattan

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Publié dans antisémitisme
Un commentaire pour “Quand un barbare tue la juive Sarah Halimi, par Sarah Cattan
  1. Avec les diverses précisions que vous avez citées dans votre article pour éclairer l’Affaire Sarah Halimi, Madame, vos lecteurs ont devant eux les éléments qui leur permettent de prendre une position dénuée de toute ambiguïté, face aux tergiversations du Procureur de la République et des deux juges d’instruction chargés du dossier, sans oublier l’expert psychiatre qui traîne ses pas.
    Aussi l’intervention de Maître Kaminski demandant au Procureur un réquisitoire supplétif contre l’assassin incluant la circonstance aggravante d’antisémitisme est-elle amplement justifiée.

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