Lyon : au meeting de Marine Le Pen on n’aime pas les juifs

L’air qui planait à Lyon ce dimanche à l’entrée du meeting de Marine Le Pen était asphyxiant : les militants de L’union des Etudiants Juifs de France (UEJF) qui tractaient sur place se sont heurtés aux propos violents et antisémites des sympathisants FN.marine_le_pen

À la fin de la conférence de presse que nous avons organisée dans un hôtel, à quelques mètres des Assises Présidentielles de Marine Le Pen, nous décidons de nous rendre devant la salle du meeting, pour y distribuer des tracts et occuper le terrain.

Les militants de Marine Le Pen, présents au grand rendez-vous lyonnais, ont révisé leurs classiques des années 30 : les juifs contrôlent le monde, ils sont riches, ils sont coupables d’une double allégeance, et la Shoah n’est qu’un événement historique comme un autre.

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Riches et puissants

Alors que nous discutons avec des passants, une sexagénaire « venue voir celle que les médias matraquent » nous interpelle :

« Qui domine le monde ? À votre avis ? »

« Qui ? » Nous lui demandons à notre tour, à l’unisson.

Elle se met tout à coup à crier, attirant les micros et les caméras qui sont à l’autre bout de la place :

« Les juifs ! Réfléchissez ! Regardez un peu ce qu’il se passe actuellement, et vous verrez que j’ai raison. Les combines de François Fillon et ses caisses noires, même les combines de Marine Le Pen… et l’élection de Trump, c’est grâce à la finance. Et c’est qui la finance ? L’oligarchie financière, c’est les juifs. Ils ont toujours dominé le monde. »

Fière de sa saillie antisémite devant micros et caméras, la dame prend à partie une militante de l’UEJF : « Qui finance vos études ? Papa, maman ? »

Juif, supposé riche donc. Riche, donc responsable de la finance et des crises mondiales. Parole affirmée. Crachée, sans que l’on ait eu besoin de gratter.

Pour cet électeur FN, les juifs ne peuvent pas être tout à fait Français

Quelques minutes plus tard, nous tendons un de nos tracts à un homme, qu’il qualifie de « torche-cul distribué par des agitateurs qui devraient rentrer en Israël ».

Ainsi démarre une conversation entre l’homme et Sacha Ghozlan, le président de l’UEJF. L’électeur frontiste l’interroge :

« Pourquoi vous venez faire votre propagande ici ? Vous êtes qui, “les étudiants juifs de France” ? Et vous allez la faire où votre armée ? Vous allez faire la guerre en Israël ? Comme la plupart des juifs en France. »

« Monsieur, je suis citoyen français, je ne fais pas l’armée. »

« Mais vous avez la double nationalité ! »

« Non, je n’ai pas la double nationalité, Monsieur. Mais vous êtes de la police judiciaire pour que je vous décline mon identité ? »

« 80% des juifs ont la double nationalité, non ? »

« Monsieur, parce que je suis juif, je ne pourrais pas être français pleinement ? »

« Ben pourquoi vous avez la double nationalité alors ? Pourquoi la plupart des juifs l’ont et partent faire la guerre ? »

« Ah bon ? Mais quels sont vos chiffres ? »

« Pourquoi le juif se barre ? »

« Vous savez pourquoi certains juifs partent de France ? Parce qu’il y a des antisémites, un petit peu comme vous. »

« Voilà, direct “antisémite” ! »

« Affirmer que les juifs ne sont pas pleinement français, c’est du ressort de l’antisémitisme. »

« Vous êtes français quand ça vous arrange, et israéliens quand ça ne vous arrange pas d’être français. Tout le monde le sait. Si vous êtes français, pourquoi vous nous sortez votre tract des “étudiants juifs de France” ? Si vous étiez français, vous aurez dit “étudiants français”. Et puis je vais vous le dire, les juifs, ils n’ont même pas la double nationalité, ils ont la triple : française, israélienne et américaine. »

Trois nationalités, à trois points éloignés du globe, pour reprendre le poncif selon lequel « les juifs sont partout ». Le propos pourrait faire sourire si l’individu face à nous n’était pas farouchement convaincu de ce qu’il affirme.
Et puis, l’homme évoque « le » juif. Ce marqueur de vérité absolue, de généralité incontestable nous effraie. Ce déterminant présage inévitablement une définition globalisante et ethnicisante. Chaque période terrible de l’histoire a défini « le » juif et non « les juifs ».

« Le négationnisme est un droit »

Nous avons aussi discuté avec l’électorat de notre âge, jeunes comme nous et primo-votants. Que font-ils ici ? Sont-ils simplement curieux, paumés, ou convaincus ?

Nous avons abordé un couple, lui a 23 ans, elle 20 ans. Elle nous confie, après échanges de quelques banalités, ne pas être choquée par la fameuse réplique du « détail de l’Histoire » du fondateur du parti frontiste. Dans sa lancée, elle ressort une vieille lune de l’antisémitisme :

« Le négationnisme, ce n’est pas de l’antisémitisme. C’est différent. On a le droit de faire de la recherche historique, d’avoir des positions historiques différentes », avant de nous expliquer que le négationnisme ne doit pas remettre en question la Seconde Guerre mondiale, mais “juste” la Shoah. »

De tous ces sympathisants du FN, ce sont les jeunes qui évoquent la thèse négationniste.

Policiers indifférents

À la sortie du meeting, des militants nous arrachent le document des mains, le déchire ou le jette en boule par terre. D’autres nous insultent de « sales juifs » devant des CRS impassibles. Certains passants réagissent et choisissent de nous défendre : des étudiants lyonnais en prépa Sciences Po, présents au départ par simple curiosité.

Nous avons ressenti de l’incompréhension face à l’indifférence des policiers postés à quelques mètres de ces altercations, du dégoût face à ces citoyens confondant le délit de racisme avec le droit de vote, de la peine face à ces cerveaux saturés par les stéréotypes, de la gêne face à ces Français se prétendant « plus français » que nous et qui nous invitent à déguerpir.

Nous nous servirons de ces échanges lors de nos visites dans les salles de classes de collège et lycée. Comme de nombreuses associations en France, les militants de l’UEJF, tentent de déconstruire avec les élèves les préjugés racistes, sexistes, homophobes et « immigrophobes » tenaces. Cette semaine, nous rendons visites aux élèves grenoblois.

Par Les militants de l’Union des étudiants juifs de France.

Source streetpress

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Publié dans antisémitisme
13 commentaires pour “Lyon : au meeting de Marine Le Pen on n’aime pas les juifs
  1. julius dit :

    C’est l’accumulation de lieux communs depuis des décennies d’ignorance, d’obscurantisme et d’inculture. A ce niveau là ce n’est plus une question de religion mais de bêtise épaisse. Le ventre est encore fécond, d’où est sortie la bête immonde. Le contexte actuel de régression généralisée offre un terrain favorable au retour de la bête. De sombres nuages s’accumulent, qu’il sera bien difficile de disperser. Certains préfèrent d’ailleurs surfer sur la vague à de tristes fins électoralistes, c’est beaucoup plus facile.

  2. Yosef ben Israel dit :

    « au meeting de Marine Le Pen on n’aime pas les juifs »

    On n’aime les juifs nulle part, ni là ni ailleurs. C’est pas un scoop.

  3. josaphat dit :

    On ne peux pas dire mieux que le commentaire pertinent de Julius. « Ignorance, obscurantisme, inculture, régression, bêtise épaisse, fins électoralistes… »: tout y est !!!!

  4. NO COMMENT dit :

    Faut les comprendre ces FN! Le juif, c’est dans leur esprit une théorie tellement vieille, qui depuis 2000 ans a été si bien échafaudée sur des idées fausses, des courants d’air, des rumeurs, et des théories de bistrots, que de se retrouver devant un juif, sans y être préparé, ça fait patauger dans ses contradictions et ses inepties.
    Et devant si peu d’arguments pour expliquer leurs phrases stéréotypées, la claque sur la caméra reste le seul exutoire possible.
    Au fait, Pénélope, elle n’est pas juive. Elle a bien de l’argent, mais pas propre!

  5. André dit :

    Et oui, le gentil chrétien et catholique Fillon n’y est pour rien dans son amour de l’argent car toute cette histoire c’est à cause des juifs vénaux et corrupteurs. Car il est bien connu qu’un catholique ça n’aime pas l’argent et que ça vie comme Saint François d’Assise…

    Il est amusant de relever que ces français, et beaucoup d’autres, ne font pas grief à Fillon d’être en affaire avec l’assureur Axa ou la banque privée Oddo, deux institutions financières bien catholiques. En revanche du dernier cru Macron-Rothschild on en a entendu parler ! et de l’extrême droite à l’extrême gauche…

  6. daniele kinic dit :

    Bonjour , tout est dit sur le FN ;un parti raciste , avec ses eternelles haines anti-juives : la choa « un détail » Le FN ne changera pas ; il a -soi-disant-éliminé le père fondateur mais le fond de commerce est le mème .Il table sur l’ignorance le négationnisme la stupidité de ses adhérents .

  7. Nicole dit :

    Ne pensez vous pas que nous avons besoin d’elle pour le faire le ménage aux islamistes
    Et leur dirigeante est elle vraiment antisémite ?
    De toute façon aux pouvoir ou pas les militants racistes le détînt toujours .mais si la dirigeante nous défend face à l islam quand d’autres nous accablent à choisir !! Réflexion

  8. Daniel dit :

    Il faut dire aussi que l’UEJF est une officine de goche absolument pas representative du Judaisme, et qu’ils ont su trouver les quelques abrutis anti-semites que l’on trouve dans tous les partis, vous en trouverez davantage encore dans les partis de goche.

  9. carcassonne dit :

    Juifs mes frères, quand allez-vous ouvrir vos yeux et vos oreilles…Le prophète Esaie dit: »ils ont des yeux et ne voient pas,ils ont des oreilles et n’entendent pas ». Qui soutient les pays arabo-musulmans au détriment d’Israel? Qui s’abstient à l’ONU au détriment d’Israel? Qui appelle au boycott des produits israéliens? Sinon l’extrême gauche associée au arabo-musulmans. Quand avez-vous vu des militants de l’extrême droite venir troubler une réunion de quelque parti politique que ce soit? Avez-vous fait l’analyse de votre ADN? Etes-vous descendants des tribus des Fils de Jacob? Avec vos agissements votre ADN est plutôt arabe que Juif. Si vous êtes Juifs, descendants d’Hébreux, consultez les écrits: « C’est pourquoi les jours viennent dit l’Eternel où l’on ne dira plus: « l’Eternel est vivant Lui qui a fait monter du pays d’Egypte les enfants d’Israel », mais on dira: » l’Eternel est vivant Lui qui a fait monter les enfants d’Israel du pays du septentrion et de tous les pays où Il les avait chassés, Je les ramènerai dans leur pays que j’avais donné à leurs pères ». Ne vous étonnez pas de l’anti-juif, un jour ou l’autre il faudra partir, comme cela arrive dans les pays arabo-musulmans. Prenez patience le jour de l’Eternel arrivera.

  10. carcassonne dit :

    PS: Je viens de lire sur « tribune juive » que Benoît Hamon veut un état palestinien. Alors la gauche et l’extrême gauche Juive, qu’en pensez-vous? Allez donc voter pour ceux qui veulent la disparition d’Israel. Israel les empoisonne, c’est une épine dans leurs pieds, Israel disparu ils pourront dormir sur leurs deux oreilles, malheureusement pour eux et heureusement pour nous les plans de l’Eternel ne sont pas les leurs.
    L’histoire n’est pas finie, vous qui vous dites Juifs consultez les Ecrits et découvrez les frontières établies par Dieu, ce ne sont pas celles que réclament les Palestiniens, l’ONU et toutes les gauches.

  11. carcassonne dit :

    Voici un chef-d’oeuvre d’un homme de GAUCHE.

    Commissaire politique stalinien du Viêt Minh,

    BOUDAREL, le monstre français du camp 113

    « Les tortionnaires se ressemblent… Ils appartiennent à la sombre patrie des bourreaux et insultent d’abord à notre espèce avant de salir, au hasard des guerres, le drapeau de leurs victimes » (Pierre Moinot)

    Dès le déclenchement de la deuxième guerre mondiale l’Indochine fut envahie par l’armée japonaise qui occupait déjà la Chine et qui avait proclamé en 1938 sa volonté d’éradiquer toute présence d’homme blanc en Extrême-Orient allant jusqu’à introniser, à son départ, le 2 septembre 1945, le gouvernement communiste Hô Chi Minh.

    Lors des hostilités avec la France, le Viêt Minh effectua de nombreuses prises d’otages, incluant des civils. Beaucoup de prisonniers militaires français passèrent dans des camps d’internement situés dans les régions sous contrôle indépendantiste et furent soumis à une tentative de « rééducation marxisante » par des commissaires politiques au nombre desquels des communistes étrangers et Français faisaient montre d’un zèle excessif… Ainsi le PCF, par la voix de ses responsables, Maurice Thorez, Jacques Duclos, le couple Joliot-Curie… joua un rôle essentiel, non seulement dans la conception, mais aussi dans l’exécution du lavage de cerveau.

    Le sort des prisonniers dans ces camps de rééducation fut longtemps méconnu du grand public. L’affaire Georges Boudarel contribua à la rappeler à l’opinion dans les années 1990.

    Militant du parti communiste français, chrétien progressiste et marxiste, Georges Boudarel naquit en 1926. En avril 1948, il s’embarqua pour l’Indochine comme professeur de philosophie et ]anima l’antenne indochinoise du PCF, le groupe culturel marxiste auquel Jean Chesneaux, l’historien communiste, appartint.

    Le 17 décembre 1950, refusant d’être incorporé dans l’armée française et considéré comme « insoumis » puis déserteur, il rejoignit le Việt Minh et se rendit après une longue marche au Tonkin où, en 1953, il fut nommé commissaire politique dans un camp de rééducation de prisonniers, le camp 113.

    Situé près du village de Nam Nahm, à 25 km à l’ouest du kilomètre 32 de la RC2 (60 kms au sud de la frontière de Chine et 30kms au sud-ouest de Bac.Giang), ce camp, insalubre, connut très vite une intense activité mortuaire… Son cimetière débordait de cadavres que les grosses pluies d’automne déterraient. Les rats pullulaient et s’attaquaient aux mourants à l’infirmerie. Dès lors, la situation sanitaire devint telle qu’il fallut évacuer ce camp et le reconstruire 30 kilomètres plus à l’est, au nord de VINT-THUY, non loin de la RC2, près de LANG-KIEU.

    Quelque 320 prisonniers, survivants d’un triste bétail pensant, abandonnés à leurs délires, à leurs rêves et à leur rancœur, tous d’origine européenne, officiers, sous-officiers et soldats, croupissaient dans ce camp dans des conditions infâmes d’alimentation, d’hygiène et de prophylaxie. A l’infirmerie, véritable antichambre de la mort, des squelettes vivants agonisaient, vaincus par la faim, la maladie et rongés par la vermine, sous un essaim de grosses mouches vertes. Ils étaient, en effet, vidés par la dysenterie, minés par le paludisme, l’avitaminose, les ascaris, la peau rongée par les champignons de la dartre annamite, de la bourbouille et du hong-kong-foot. Parmi ceux qui n’avaient plus aucune réaction et qui allaient mourir le soir même ou dans la nuit, certains avaient les lobes d’oreilles et la base des narines entamés par les rats. C’était un spectacle affreux. Tous ceux qui étaient admis à l’infirmerie mouraient. Les agonisants attendaient la mort, les épuisés prenaient la place des agonisants, les sans-espoirs succédaient aux épuisés, les nouveaux arrivés comblaient les vides entretenant ainsi le cycle. Dans un endroit retiré, des latrines avaient été creusées où grouillaient des millions d’asticots qui donnaient naissance à des multitudes de mouches vecteurs de toutes les maladies, véritable « pont aérien entre ce lieu et les cuisines » selon le mot même de Boudarel. Le taux de mortalité variait entre 25 et 40 décès par mois, et même plus, selon les saisons.

    C’est en ce lieu sinistre que Boudarel, surnommé « Dai Dông », mit au point ses sévices chaque jour plus raffinés et excella dans le lavage de cerveau imprégné des doctrines du marxisme-léninisme et de l’internationalisme prolétarien.

    Dans ce « mouroir », sa spécialité : « La mise à mort sans toucher » consistait :
    •à abreuver de cours de « rééducation politique » des hommes blessés, malades, éreintés, affamés
    •à obliger les moribonds à se lever pour assister à ces séances, qui contribuaient à les achever
    •à exploiter la pratique clé la « critique et de l’autocritique » pour créer un détestable climat de méfiance, de discorde et de délation
    •à remettre au Vietminh des médicaments parachutés par la Croix Rouge Française et en les refusant aux malades abandonnés sans soins
    •à réserver aux évadés repris un sort qui menait à une fin quasi certaine
    •à établir lui-même la liste des « libérables », c’est-à-dire en s’attribuant le droit de vie et de mort
    •à pousser la cruauté jusqu’à renvoyer au camp des prisonniers déjà sur le chemin de la libération : Certains en mourront de désespoir
    •à détenir un record de mortalité, avec 1 à 8 décès par jour.

    Boudarel étant devenu le « conseiller technique » pour l’action psychologique, les chefs des 130 camps Việt Minh appliquaient avec zèle, sur ses indications, les séances de tribunal populaire destinés à juger ceux qui étaient considérés comme « fautifs ». Les prisonniers subissaient des traumatismes importants dus au viol psychologique de l’endoctrinement, des séances d’autocritique et d’encouragement à la délation.

    Ils furent, ainsi, victimes « d’agressions psychologiques découlant d’une doctrine monstrueuse, appliquée par un État pratiquant une politique d’hégémonie idéologique et d’intolérance active ». Tous les éléments du génocide constituant le crime contre l’humanité furent réunis, tel que le définit la Convention des Nations Unies du 9 décembre 1948 : « Atteintes graves à l’intégrité physique et mentale du groupe ; soumission intentionnelle de celui-ci à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ».

    Par ailleurs, en dépit de leur extrême faiblesse, tous ceux qui pouvaient tenir debout participaient aux corvées et aux activités du camp. « Si pas travailler, pas manger ! » Telle était la devise du surveillant général.

    « Notre estomac est un chien enragé qui glapit, s’élance et se déchaîne, déchire les entrailles de ses dents »…

    Pour preuve de son implacable inhumanité et de la jouissance dont il devait probablement se repaître, Boudarel fit condamner à mort Jean CHAMINADAS qui commandait la 7ème Compagnie du 5ème Régiment Etranger d’Infanterie au motif d’avoir tenté trois évasions et tué une sentinelle lors de la dernière. Mais là ne s’arrêta pas son abjection… Il demanda au frère du condamné, Max CHAMINADAS, également prisonnier, de commander, en personne, le peloton d’exécution… ce que Max refusa, évidemment. Qu’à cela ne tienne : Jean fut exécuté, pour l’exemple, sous les yeux de ses camarades d’infortune. Aujourd’hui, sa dépouille (ou ce qu’il en reste) repose au mémorial dédié aux « Morts pour la France » implanté à Fréjus.

    Parmi les punitions – identiques à tous les camps- l’une des plus terribles était le séjour prolongé dans la sinistre « cage à buffles » sous une maison sur pilotis où le prisonnier, attaché à un poteau dans une eau putride sans pouvoir se protéger des piqûres d’insectes, était supplicié jusqu‘à la folie et la mort.

    Durant l’année de son activité au camp 113, Boudarel reconnut lui-même un taux de mortalité atteignant les 70 %. Sur les 320 prisonniers Français, 278 moururent de mauvais traitements et de torture physique et psychologique.

    Lorsqu’ils débarquèrent à Marseille, les survivants, squelettes ambulants ou morts-vivants portés sur civière, furent la cible des jets de boulons, de crachats et d’injures par des dockers communistes de la CGT.

    Inculpé de trahison Georges Boudarel fut condamné à mort par contumace en juin 1953. Après les accords de Genève, ce tortionnaire, bénéficiant de la loi d’amnistie gaulliste du 18 juin 1966, revint en France et fut aussitôt coopté au CNRS par ses amis communistes pour y préparer une thèse de troisième cycle d’histoire à l’université Paris VII Jussieu. Il devint maître de conférences à Jussieu et ces mêmes communistes et syndicalistes feront ensuite valider ses années « d’expérience » en Indochine pour favoriser sa carrière…

    Durant ces années, il fréquente assidument les milieux trotskistes, en particulier la ligue d’Alain Krivine et comptera parmi ses amis et « protecteurs » Gisèle Halimi, Suzan Sontag, Marianne Schaub, Laurent Schwartz, Marcel Kahn, Madeleine Rebérioux… tout le gratin de la gauche intellectuelle qui sera à l’origine de la création de la « Ligue Contre Révolutionnaire ».

    Le 13 février 1991, lors d’un colloque au Sénat sur le Vietnam auquel Boudarel participait, il fut reconnu et apostrophé par Jean-Jacques Beucler, ancien secrétaire d’État aux anciens combattants ayant lui-même participé à la guerre d’Indochine durant laquelle il avait été prisonnier pendant 4 ans dans le camp 113.

    « Vous avez du sang sur les mains. Votre présence à cette tribune est indécente ! » vitupéra Beucler.

    L’affaire fit grand bruit, d’autant plus que Boudarel adopta une attitude provocatrice, affirmant ne rien regretter et allant jusqu’à se moquer publiquement de ses anciennes victimes.

    D’autres témoignages furent déposés ensuite contre Boudarel qui fit l’objet en 1991 d’une plainte pour crimes contre l’humanité déposée par d’anciens prisonniers français du camp 113. [Contre toute attente, articles et pétitions en faveur de Boudarel ne manquèrent pas dans le camp « progressiste » (Jean Lacouture, Pierre Vidal-Naquet…) et la justice rejeta l‘accusation de crime contre l’humanité portée par une association d’anciens combattants, au motif que les faits étaient couverts par la loi d’amnistie de 1966 (1).

    Suprême dérision : Soutenu par l’ensemble de la gauche intellectuelle, il échappa également à toute sanction dans le cadre universitaire.

    A 65 ans, l’ancien commissaire politique du camp 113 put en toute légalité faire valoir ses droits à la retraite. Il mourra paisiblement dans son lit le 26 décembre 2003 à l’âge de 77 ans.

    « Et ton nom paraîtra dans la race future, aux plus cruels tyrans, une cruelle injure ! » (Racine)

    • NO COMMENT dit :

      Ce que vous raccontez là est impressionnant tant la barbarie apparaît comme un funèbre art.
      Pour ma part, je pense que Hamon est capable de faire autant que ce Boudarel, quoique moins intelligent.
      Cependant je le suspecte d’être tout simplement un traitre à la nation francaise, tant il est dans la ligne droite des intérêts islamistes. Défendre la Palestine, pour lui, c’est juste comme montrer sa bonne coopération à des pays du moyen orient qui doivent lui graisser la patte pour le téléguider à souhait, tel un cheval de Troie.
      Heureusement que sans les partisans de M. Valls, et même avec Mélanchon, il ne pèsera plus pas assez lourd pour passer le 1er tour.

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