Le procès du « frère de l’autre », par Sarah Cattan

Il est poursuivi pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime d’atteinte aux personnes, complicité d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, vol en réunion en relation avec une entreprise terroriste, présumé coupable, donc, de s’être entendu avec Mohamed Merah pour commettre, au nom d’al-Qaïda, plusieurs attaques terroristes, visant des militaires et des membres de la communauté juive.

Le voilà, en ce deuxième jour de procès, le frère de l’autre, celui qui se faisait en prison appeler Ben Laden, lui, le fils de Zoulikha Aziri, tout de blanc vêtu, longue barbe noire et cheveux attachés en queue de cheval. Ce matin 3 octobre, la Cour va l’interroger sur son enfance, sa scolarité et sa vie professionnelle.

En détention provisoire depuis 5 bonnes années, l’homme âgé de 35 ans aurait participé au vol du fameux scooter mais lui, soutenu par maître Dupont Moretti, dira avoir tout ignoré des projets terroristes de son frère. Acquittador, escomptant démontrer qu’aucun élément matériel ne relie son client aux attaques, plaidera l’acquittement. Mais le frère de l’autre, c’est bien la réclusion criminelle à perpétuité qu’il encourt.

Le fils de Zoulikha, petit voyou de quartier, se tournera vers la doctrine salafiste, séjournant à 2 reprises  dans des écoles religieuses salafistes du Caire avec sa sœur Souad, estampillée radicale, qui se trouverait aujourd’hui en Algérie après un périple avorté en Syrie.

Enjeu du procès ? Prouver que lui, il aurait aidé la radicalisation de son frère.

Les services de renseignement ? Ben il paraît qu’ils l’avaient à l’œil hein, et ce depuis plusieurs années, cette figure de l’islamisme toulousain. Son lien avec Sabri Essid est attesté mais lui, le frère de l’autre, il avait alors quitté la djellaba et le bouc pour s’habiller à l’européenne. Non rien.

Son casier judiciaire ? Il l’est, garni, le frère de l’autre ayant, pour exemple, poignardé à plusieurs reprises son frère aîné Abdelghani qui s’était marié avec une Française d’origine juive mais sa violence s’exerçant aussi sur sa mère et ses sœurs.

Peintre en bâtiment, il en passa du temps, à Fresnes, et tous se souviennent qu’il se livra une heure durant, lors de sa demande de libération conditionnelle en 2014, à une sorte de prêche, récitant sourates du Coran et invoquant la justice d’Allah.

Vous savez quoi ? Le frère de l’autre, il lit dans sa cellule en ce moment Le pull over rouge, cette contre-enquête sur l’affaire Christian Ranucci, accusé d’avoir tué une petite fille en 1974 et qui fut condamné à mort et exécuté en 1976 à la prison des Baumettes à Marseille. Ben quoi ? Il lit encore des biographies de grandes personnalités. De la musique ? Non il n’en écoute pas. Pourquoi ? Ça vous regarde ? Sachez enfin qu’à dater de sa conversion à l’islam, il n’a plus volé un bonbon ni frappé quiconque. Non. Rien.

Placé en isolement en mars 2012, accusé qu’il fut de prosélytisme, il explique être allé vérifier le sens de ce mot dans le dictionnaire : Cela veut dire imposer ses idées à des adeptes. Mais l’islam ne s’impose pas, il se transmet. Dans les conversations, je parle de foot, de voiture, de religion, je parle de christianisme. Je m’acclimate à la conversation de la personne, explique-t-il calmement. Le frère de l’autre, il a 11 crédits à la consommation, pour un montant de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Bon client, s’il admet avoir craché sur sa mère, ce philosophe ajoute : C’est pas pour ça que je ne l’aimais pas : la mère est plus importante que l’épouse, car une femme, si elle meurt, on peut se remarier, expliquant avoir déménagé après son mariage, pour ne pas rester près des péchés de la ville.

Son mariage ? Eh ben quoi ? Oui il s’est marié par téléphone : sa famille y était opposée et elle ne pouvait pas sortir de chez elle. Le mariage fut prononcé par un tuteur. Par un frère musulman.

Celui qui se qualifie de musulman occidental admet avoir dit être fier de son frère, mais c’était pour ne pas le déshonorer. Depuis, il nuance, condamnant les actes du dit frère, qu’il aimera jusqu’à sa mort.

A une avocate de la partie civile qui lui demande de préciser la phrase Je respecte les lois de la République quand elles sont bonnes, il oppose un droit d’objection, estimant que la question appelle une réponse religieuse. S’il se soumet aux lois de la République ? Eh ben vous le saurez pas, car il refuse là encore de répondre. Et quand l’avocat de la famille Sandler lui demande s’il fait une différence entre tuer un musulman ou un juif au nom de l’islam, le frère de l’autre répond que l’islam interdit de tuer des juifs, des musulmans, des chrétiens : Monsieur se croit en Conférence de presse, renvoyant une question à une date farfelue et provoquant parfois les rires du public.

Interrogé sur ses relations, il nous apprend qu’il considère Olivier Corel et Fabien Clain comme des frères de religion. Pour lui, un frère de religion est quelqu’un qui prie, ce qui fait de son défunt frère seulement un frère de sang : les questions, vous le voyez, tournent déjà quasi exclusivement autour de l’islam, alors qu’un interrogatoire consacré à cette question spécifique est prévu ultérieurement.

Voilà : il a tout dit, le frère de l’autre, lorsqu’il répond au Président de la Cour : Monsieur le président, il faut comprendre que vous ne pouvez pas plaquer votre culture sur la nôtre. Chacun sa tradition, chacun sa culture.

Sarah Cattan

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Publié dans antisémitisme
Un commentaire pour “Le procès du « frère de l’autre », par Sarah Cattan
  1. Jg dit :

    Les tribunaux , les prisons , les cites , les quartiers , les villes , les administrations sont encombres avec  » ces gens la  » C est le choix des francais , c est leur probleme !

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