Ségrégation anti Séfarade dans les écoles de Jérusalem

Il y a deux ans, des parents ultra religieux ashkenazes

ont menacé de retirer leurs filles de différentes écoles

à Jérusalem, Bnéi-Brak, Modiin, Illit, et d'autres villes,

si ces établissements acceptaient des élèves séfarades.

Manifestation de parents à Jérusalem

Incroyable mais vrai, et le pire est que bien sur, les établissements en question n'ont pas pris les inscriptions de ces jeunes filles.

La bêtise va se loger dans les endroits les plus inattendus : que craignaient donc ces parents ? Quel était le risque pour leurs filles de côtoyer des jeunes séfarades : maladies, abaissement intellectuel? Peut-être redoutaient-ils qu'au contact de ce monde séfarade apparemment honni, leurs filles puissent envisager une union "hors communauté". Ou bien pensent-ils que les séfarades n'ont pas un niveau intellectuel suffisant et que leur présence dans la même salle de cours freinerait les professeurs et tirerait le niveau vers le bas.

Eli Yishai

Le ministère de l'Interieur avait alors reçu des plaintes des parents de ces jeunes filles, et le ministre Eli Yishai avait donné des instructions très claires : pas de ségrégation de ce type dans les écoles subventionnées par les municipalités.

Or à la rentrée de cette année, il apparaît que rien n'est résolu, et que 300 jeunes filles séfarades se voient toujours refuser l'inscription dans ces écoles. Le ministre Yishai se décide enfin à prendre de vraies mesures, et demande l'arrêt des subventions aux établissements qui pratiquent encore cette intolérable ségrégation.

Chaim Amsellem

Sa réaction est tardive et a été critiquée par Chaim Amsellem, député du parti Am Shalem qui a déclaré que cette inertie est simplement due au fait que " que ses enfants, ainsi que les enfants d'autres membres de la Knesset fréquentent ces écoles qui pratiquent la discrimination".

Ce problème est simplement désolant. Il met en évidence des dérives nauséabondes de société de castes, née de l'imagination délirante d'une catégorie d'ultra religieux se considérant comme l'élite de la nation, au dessus des lois, au dessus du reste de la population.

Un groupe rajoute à tout cela une notion de pure supériorité ethnique, qui leur donnerait le droit de mettre à mal définitivement les bases normales de l'autorité d'un gouvernement.

Si ce gouvernement ne met pas définitivement fin à ces privilèges auto attribués par une population qui n'apporte pas grand-chose à la nation, il ne fera qu'exacerber le sentiment d'injustice et de frustration de ses forces vives. Il est plus que temps de réagir, et pas seulement sur ce point d'intégration scolaire.

 Par Line Tubiana

 

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  1. Roturier says:

    Cette mentalité, à refuser les ‘Sépharades’, n’a rien d’étonnant connaissant le judaïsme ultra-orthodoxe, prétendant au respect scrupuleux des antiques préceptes.
    Contrairement à l’hypothèse de cet article, il ne s’agit pas tant de l’aberration qui consiste à prêter aux ‘Sépharades’ une infériorité intellectuelle ou morale, innée ou acquise, comparés aux Ashkénazes. Sans aller jusqu’à dire que c’est le contraire (ce qui serait aussi aberrant…), des cas contraires abondent.
    Elle découle en ligne droite des principes de « rester entre soi », consubstantiels à une pratique juive depuis des temps immémoriaux. Solidement ancrée dans les écritures « Un peuple qui demeure solitaire et ne tient aucun compte des nations » (Nombres, 23,9) et j’en passe.
    Cette logique isolationniste poussée à terme implique une existence séparée des communautés traditionnelles à l’intérieur du judaïsme, in fine à l’existence de deux rabbinats en Israël.
    Les rabbinats Israéliens étant des administrations publiques, ne voilà-t-il pas qu’elles se comportent comme telles, ayant pour souci majeur de se préserver, perpétuer leurs existences, prébendes comprises. Etant évident qu’une fusion des deux laisserait sur le carreau pas mal d’ayants- droit…
    Mais la généralisation des mariages Sépharade-Ashkénaze en Israël, inéluctable dans la population laïque, mine la raison d’être de ce double emploi. Les deux administrations (oui, le rabbinat Sépharade aussi) feraient donc tout, auprès de la frange de population qui les écoute, pour au moins ralentir le mouvement.
    Jusqu’à tenter un ‘développement séparé’ (‘apartheid’ en néerlandais, n’est ce pas) dans les branches du système scolaire qu’ils maîtrisent.
    On notera donc aussi la passivité du rabbinat Sépharade dans cette affaire ; et pour cause. Deux systèmes scolaires entièrement distincts ne seraient pas pour leur déplaire.
    Sachant que la politique s’en mêle, vu qu’il existe des mouvances politiques orthodoxes Sépharade et Ashkénaze, soucieuses de conserver la distinction, le tableau est complet.

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  2. Françoise Siboni Michaelis says:

    Malheureusement, ce fait là n’est pas que de la part des ashkénazes. Les Ethiopiens vivent séparément et ne sont pas acceptés, et les hozerims teshuva français ne sont pas mieux!
    je vis à Jérusalem et cela m’inquiète beaucoup pour notre avenir.
    L’antisionisme latent de nombreux ravs, y compris français, est un poison et la haine entre juifs bat son plein!

    Répondre
  3. Emmanuel says:

    Article stérile et qui attise — voire fabrique — la haine. En effet, vous ne faites que conjecturer sur les tenants et aboutissants de cette affaire dont vous ne semblez connaître que ce que les dépêches AFP en ont rapporté… Vous prêtez des motivations et des sentiments aux protagonistes, puis prononcez vos anathèmes. Cet article n’apporte aucune source fiable sur ces éléments. Ce n’est pas du journalisme, c’est un article de propagande.

    Répondre
  4. Emmanuel says:

    Chère Madame,

    En premier lieu, merci d’avoir pris le temps de répondre à mon commentaire.

    Je m’aperçois cependant que, non content de prêter aux protagonistes de cette triste affaire des motivations qui n’engagent que vous (« monde séfarade honni », « société de caste », « catégorie d’ultra religieux se considérant comme l’élite de la nation, au dessus des lois, au dessus du reste de la population », « pure supériorité ethnique »), vous faites de même avec mon commentaire, en disant: « Si vous pensez que Ynet fait de la propagande anti-israélienne ».

    Qui a parlé de « propagande anti-israélienne »? Certainement pas moi!

    En revanche, Ynet fait assurément de la propagande, car tous les organes de presse font de la propagande, à travers un parti-pris sociétal, une ligne éditoriale choisie, des articles soigneusement formulés pour mettre en valeur les idéaux de la rédaction.

    Ainsi, quand Ynet nous sert l’immonde article anti-circoncision qui a récemment défrayé la chronique, on est en plein dans la propagande. Anti-israélienne, certes non, mais bien « anti quelque chose », que chacun appréciera.

    Quand à l’article de Haaretz, ma maigre connaissance de l’hébreu acquise pendant quatre ans sur les bancs d’une yéchiva orthodoxe en Israël en compagnie d’étudiants d’origine russe, yéménite, marocaine, polonaise et j’en passe (mais tous juifs, hein, personne n’est parfait), semble m’indiquer qu’il s’agit d’un problème impliquant la fermeture d’une école publique fréquentée exclusivement par des élèves d’origine éthiopienne (quelle idée quand même de fermer une école qui tourne à plein régime, surtout lorsqu’elle sert une population que l’on sait fragilisée…) et le refus de l’intégration massive forcée de ces élèves dans une école religieuse « sous contrat ».

    Cet article, fidèle à la ligne de Haaretz, passe totalement sous silence la problématique du bouleversement du tissu communautaire et traditionnel à la fois des familles de la communauté éthiopienne (que je tiens en grande estime, ayant eu le mérite de passer Souccot en 1992 chez le grand kès Hadana au merkaz klita de Mevasseret Tsion) et des familles des communautés de l’école « Chouvou » dont il est question.

    Réduire cela à un problème « xénophobe », relève plus du regard bobo parisien que du respect des réalités des uns et des autres. Que les bobos parisiens soient « antisionistes » à la sauce Dieudonné, c’est malheureusement une conséquence « normale » de la soupe médiatique qu’on leur sert. Pour les médias qui « relayent » (dont vous semblez faire partie), nou, accordons les circonstances atténuantes, mais pour les médias qui connaissent la réalité et qui font le choix conscient de la présenter sous un autre jour, parce qu’il peuvent s’en servir comme arme dans leur combat sociétal, c’est une véritable honte et c’est la source de tous les maux.

    Oui, il y a de graves problèmes dans la société israélienne et la société orthodoxe n’est pas en reste. Oui, il faut identifier et traiter ces problèmes. Mais pour moi ce genre d’articles à l’emporte pièce — avec ces mots et ces expressions, et surtout tout ce qui ne s’y trouve pas — participe du problème et non de la solution. C’est digne des mauvaises pages du Monde.fr, j’attends mieux d’un journal qui prétend être une « Tribune Juive ».

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  5. tendance-ethnique.fr says:

    Vraimet bien expliqué, je lis pleins de blog de votre
    secteur d’activité mais le votre est super.

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